Trésor public : Comment le PAIF-PME a contribué à faciliter l’entrée de la DGTCP dans l’ère du paiement digital

Connexion aux systèmes de paiement régionaux de l’UEMOA, opérationnalisation de la Banque de Dépôt du Trésor, lancement de la plateforme nationale de paiement FASO ARZEKA, déploiement des plateformes LANAYA et e-BDT… En sept ans, le Trésor public burkinabè a connu l’une des transformations institutionnelles les plus profondes du secteur financier national. Dans une interview exclusive accordée au quotidien burkinabè Sidwaya, le coordonnateur du PAIF-PME, Kaongo Wilfried Séraphin Kientega, revient sur les réformes majeures qui ont permis à la Direction générale du Trésor et de la Comptabilité publique (DGTCP) de s’imposer comme une administration résolument tournée vers la modernisation et le numérique.

Une feuille de route ambitieuse depuis 2019

Dès le lancement du projet, plusieurs résultats étaient attendus au profit de la DGTCP : l’installation de scanners de chèques et la connexion réseau à la chambre de compensation automatisée (CCA) de la BCEAO, l’activation des virements électroniques de faible valeur, l’établissement d’une connexion SWIFT pour les paiements de montants élevés, ainsi que la mise en place d’une plateforme nationale pour le Trésor faisant office de système bancaire fondamental.

Des réformes structurantes devenues réalité

Sept ans plus tard, le Coordonnateur égrène une série d’avancées concrètes : la connexion du Trésor public aux systèmes de paiement régionaux STAR-UEMOA, SICA-UEMOA et GIM-UEMOA, renforçant l’intégration financière régionale ; la révision générale du système d’information bancaire SGDF pour le mettre aux normes ; l’émission de cartes de débit pour la clientèle ; ainsi que le déploiement des plateformes digitales eProcedures (Lanaya) et eBanking.

Lancement des plateformes eBDT et Lanaya
Lancement des plateformes eBDT et Lanaya

Trois (3) jalons institutionnels marquent particulièrement ce bilan : (1)le projet a accompagné l’opérationnalisation de la Banque de Dépôt du Trésor (BDT), lancée officiellement le 2 août 2024 à Ouagadougou par le Président du Faso, le Camarade Capitaine Ibrahim Traoré, et (2)celle de la plateforme nationale de paiement FASO ARZEKA, dont le lancement officiel par le Premier ministre est intervenu le 30 janvier 2025, (3)le déploiement des plateformes digitales eProcedures (Lanaya) et eBanking dont le lancement officiel par le Ministre de l’Economie et des finances est intervenu le 3 avril 2026.

À cela s’ajoutent le renforcement des infrastructures techniques et sécuritaires, ainsi qu’une démarche qualité conforme à la norme ISO 9001.

Plus de 9,5 millions de transactions traitées

Sur le plan des performances, le Coordonnateur indique que plus de 9,5 millions de transactions ont été traitées via les systèmes de paiement régionaux, contre un objectif initial de 6,5 millions — ce résultat  a nécessité un investissement massif dans les équipements, une accélération de la digitalisation des services et d’un renforcement continu des compétences des agents du Trésor pour un meilleur service rendu aux clients/usagers du service public

Le personnel de la DGTCP a par ailleurs bénéficié de formations ciblées en cybersécurité, en architecture des systèmes et en qualité de service, dans une logique de maîtrise durable des nouveaux outils numériques.

Une administration alignée sur les standards internationaux

« La Direction générale du Trésor et de la Comptabilité publique se positionne aujourd’hui comme une administration moderne, plus performante, plus sécurisée et pleinement alignée sur les standards internationaux. »

Selon le Coordonnateur, ces réformes devraient continuer dans un objectif d’améliorer permanemment le niveau de recouvrement des recettes de l’État, réduire les délais de traitement et renforcer la confiance des usagers envers l’administration financière. Tous ces outils modernes renforceront davantage les services de la DGTCP et par voie de conséquence les opérations financières.

Capitaliser sur l’élan pour une seconde phase

Alors qu’une seconde phase du projet est à l’étude, le Coordonnateur plaide pour un renforcement supplémentaire des infrastructures techniques et structurelles, l’extension de la digitalisation à d’autres secteurs pour davantage de transparence et de réduction des coûts de transaction.

Propos recueillis dans le cadre du bilan des sept années de mise en œuvre du PAIF-PME, projet porté par le Gouvernement du Burkina Faso avec l’appui financier de la Banque mondiale.

A lire également⇒PAIF-PME : Des résultats concrets pour l’inclusion financière au Burkina Faso

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