Études à l’étranger : Le gouvernement affirme vouloir « encadrer et protéger » plutôt que « fermer la porte »
Le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI) a organisé le mercredi 1er juillet 2026 à Ouagadougou une conférence de presse pour présenter les contours du nouveau décret portant régime des bourses d’études et de la recherche. Ce texte, adopté le 25 juin 2026 en Conseil des ministres, vise à réformer en profondeur la gestion des aides académiques et à encadrer la mobilité internationale des étudiants burkinabè selon les responsables du ministère.
Le Pr Samuel Paré, Secrétaire général du ministère de l’enseignement Supérieur de la Recherche et de l’Innovation, a ouvert la séance en précisant que cette révision répond à une volonté de « refondation globale ».
Selon le ministère, les anciennes modalités ne permettaient pas une gestion optimale des ressources et laissaient de nombreux étudiants sans accompagnement institutionnel face à des offres de formation parfois non reconnues à l’international.

Le nouveau décret introduit 13 catégories de bourses, incluant une « bourse patriotique » destinée à favoriser l’engagement citoyen dans le financement de la recherche, et une « bourse d’inscription». Par ailleurs, le critère des revenus parentaux est supprimé au profit d’une sélection basée sur le mérite et la pertinence des filières au regard des priorités nationales.

L’innovation la plus marquante est l’obligation, pour tout étudiant ou stagiaire burkinabè partant à l’étranger, de solliciter une autorisation préalable du ministère. Cette mesure s’applique quel que soit le mode de financement.
Sur les raisons de cette disposition, le le Dr Gnidouba Roger Lanou, Directeur général de l’Enseignement supérieur, a souligné que l’État se doit de jouer un « rôle régalien de protection ». L’objectif est de cartographier les compétences des Burkinabè à l’étranger et de s’assurer de la qualité des établissements fréquentés.

Concernant les modalités, la Directrice générale du Conseil d’orientation et des Bourses universitaires (DGCOB), le Pr Kuilpoko Marie Laure SOUGOTI/GUISSOU, a affirmé, que « le dispositif va faire en sorte que, tout étudiant qui déposerait sa demande, normalement, dans les 72 heures qui suivront, devrait être capable de recevoir l’autorisation ». Elle a insisté sur le caractère dématérialisé de la procédure, qui se fera exclusivement en ligne.

Le ministère a été ferme sur les conséquences liées au non-respect de cette nouvelle réglementation. Le Dr Judicaël Wendkouni Djiguemdé, Directeur des affaires juridiques, a précisé que les diplômes ou titres obtenus à l’étranger sans cette autorisation préalable ne seront pas reconnus par l’administration burkinabè, tant dans le secteur public que privé. « Si un faux document est déposé, les autorités seront saisies et il y aura des procédures de poursuite », a-t-il ajouté.
Pour les étudiants déjà en formation, le ministère a annoncé une période transitoire de trois mois pour permettre la régularisation de leur situation via la future plateforme numérique.

Le Directeur de Cabinet du Ministre de l’enseignement Supérieur, le Dr Honoré Roger Charles Nebié, a rappelé que le gouvernement a défini un « référentiel des formations prioritaires » afin d’orienter les bourses vers les domaines essentiels au développement du pays.
Le Secrétaire général a tenu à clarifier l’esprit de ces réformes. Balayant l’idée d’une volonté d’isolement, le Pr Samuel Paré a réaffirmé la finalité protectrice et stratégique du gouvernement.
« En tout cas je tiens à préciser avec clarté, le gouvernement n’a aucune intention de fermer la porte à des études à l’extérieur. Le gouvernement veut simplement encadrer et jouer pleinement ce rôle régalien de protection de tout Burkinabè, où qu’il soit, dans ce domaine », a-t-il déclaré.
A lire également⇒Révision des critères d’attribution des bourses d’études dans l’enseignement supérieur
Akim KY
Burkina 24




