Trump provoque un exode des cerveaux : Le Canada recrute 48 chercheurs de Harvard, Yale et du MIT

Le Canada accélère sa politique d’attraction des talents scientifiques. 21 universités canadiennes ont annoncé, jeudi 27 août 2026, le recrutement de 64 chercheurs de haut niveau, dont 48 en provenance d’universités américaines prestigieuses comme Harvard, Yale et le Massachusetts Institute of Technology (MIT), rapporte New York Times.

Les 16 autres chercheurs recrutés sont issus d’établissements universitaires d’Europe, d’Asie et d’Australie. Cette vaste opération de recrutement intervient dans un contexte de fortes tensions dans le milieu universitaire américain. Les politiques menées par l’administration de Donald Trump, notamment en matière de financement de la recherche, de liberté académique et de politiques universitaires, poussent certains chercheurs à envisager leur avenir hors des États-Unis.

Le recrutement est financé par un investissement de plus de 500 millions de dollars canadiens du gouvernement canadien, soit environ 364 millions de dollars américains.

Les fonds doivent soutenir des recherches jugées stratégiques, notamment dans les domaines de l’intelligence artificielle, du changement climatique et des sciences médicales.

Ce programme, annoncé en décembre dernier dans le cadre d’un investissement global de 1,2 milliard de dollars canadiens consacré à l’innovation, prévoit également une deuxième vague de recrutement. Quelque 63 universitaires supplémentaires devraient rejoindre les établissements canadiens l’an prochain.

« Si les scientifiques ne défendent pas la vérité, personne ne le fera »

Parmi les chercheurs recrutés figure Phillip Zamore, directeur de l’Institut de thérapie par ARN de l’Université du Massachusetts. Il rejoindra la faculté de médecine de l’Université McGill, à Montréal, aux côtés de cinq autres chercheurs.

« J’habitais autrefois dans le pays que je croyais le plus enthousiaste au monde quant aux perspectives d’amélioration de la condition humaine grâce à la science. Et un jour, je me suis réveillé et ce n’était plus le cas », a-t-il déclaré.

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Le scientifique estime que les chercheurs ont également une responsabilité dans la défense de la science et de la vérité. « Si les scientifiques ne défendent pas la vérité, personne ne le fera », a-t-il ajouté.

Des chercheurs américains attirés par les universités canadiennes

L’exode de chercheurs américains vers le Canada ne date pas de cette année. Le mouvement avait commencé à prendre de l’ampleur dès 2025, sur fond de tensions autour du financement de la recherche, de la liberté académique et de certaines politiques de l’administration Trump.

Kevin Hall, spécialiste de la nutrition, qui avait quitté les Instituts nationaux de la santé américains après avoir dénoncé des restrictions concernant ses travaux sur les aliments ultra-transformés, a ainsi été recruté par l’Université d’Ottawa.

Seth Guikema, professeur de génie civil et environnemental à l’Université du Michigan, spécialisé dans la modélisation des risques naturels, rejoindra quant à lui l’Université Western, à London, en Ontario.

L’Université de Toronto a également recruté six universitaires, dont Sara Seager, astrophysicienne canadienne et professeure au MIT.

Ottawa veut faire du Canada un pôle mondial de recherche

Pour la ministre canadienne de l’Industrie, Mélanie Joly, cette politique traduit un choix stratégique : renforcer la place du Canada dans la recherche scientifique mondiale.

« Alors que certains pays réduisent leurs dépenses de recherche et renoncent à la liberté académique, nous, nous misons encore plus sur la science », a-t-elle déclaré lors de l’annonce du programme à Vancouver.

La ministre a présenté l’initiative comme le plus important projet mondial d’attraction de talents scientifiques. « Dans quelques années, nous nous souviendrons de l’annonce d’aujourd’hui et nous pourrons mesurer l’impact durable de nos choix », a-t-elle ajouté.

Le Canada n’est pas le seul à chercher à profiter de la situation. L’Union européenne a également lancé des initiatives destinées à attirer des chercheurs américains.

Une nouvelle destination pour les universitaires américains

Pour certains chercheurs, les universités canadiennes apparaissent désormais comme une alternative privilégiée face aux incertitudes qui entourent la recherche aux États-Unis.

Au-delà du monde universitaire, le Canada a également élargi les critères d’admissibilité à la citoyenneté pour certaines personnes pouvant démontrer une ascendance canadienne, entraînant une hausse importante des demandes déposées par des Américains.

Cette dynamique pourrait ainsi accentuer un phénomène d’« exode des cerveaux » vers le Canada, alors que les universités canadiennes cherchent à renforcer leur attractivité dans la compétition mondiale pour les talents scientifiques.

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