Afrique du Sud : La peur gagne les migrants à l’approche du 30 juin
En Afrique du Sud, les ressortissants étrangers vivent dans la peur à l’approche de la date butoir du 30 juin fixée par les groupes d’initiative citoyenne exigeant leur départ du pays.
À Durban, l’une des principales villes du pays, des dizaines de personnes ont participé le samedi 27 juin dernier à une nouvelle marche anti-immigrés. Parallèlement, des migrants — dont certains affirment être en situation régulière dans le pays — continuent de dormir devant un centre des affaires intérieures.
Ils redoutent une nouvelle flambée de violences xénophobes et demandent plus de protection. Craignant pour leur sécurité, plusieurs d’entre eux ont quitté leur domicile.
»Nous ne sommes pas en sécurité, nous savons que nous ne sommes pas en sécurité ; ils préparent quelque chose qui est très, très grave pour nous. Mais nous espérons toujours que le gouvernement a encore une chance et la possibilité de mettre fin à ces rumeurs, d’arrêter ces criminels, de mettre fin à cette « afrophobie », comme nous l’appelons, ou comme d’autres l’appellent.
Afin qu’il puisse nous protéger, comme c’est son devoir », raconte Gérard Itablo, porte-parole d’un groupe de migrants installés devant le centre d’accueil des réfugiés du ministère de l’Intérieur.
Les autorités sud-africaines tentent vainement de contenir ces attaques contre les immigrés. Le vendredi 26 juin, elles ont promis de sévir contre les manifestations anti-immigrées.
« Nous ne tolérerons aucune tentative de déstabiliser le pays par qui que ce soit », a déclaré le président Ramaphosa. « Nos forces de sécurité sont prêtes et ceux qui enfreindront les mesures que nous mettons en place feront face à toute la rigueur de la loi », a-t-il précisé devant la chambre haute du Parlement.
Kouamé L.-Ph. Arnaud KOUAKOU
Burkina 24




