Burkina Faso : Grâce au PAIF-PME, plus de 16 000 retraités touchent désormais leur pension par voie digitale
Sept ans après son lancement, le Projet d’Appui à l’Inclusion Financière et à l’Accès au Financement des PME (PAIF-PME) tire un bilan dont l’un des chapitres les plus parlants concerne directement le portefeuille des Burkinabè : la dématérialisation du paiement. Dans une interview exclusive accordée au quotidien burkinabè Sidwaya, le Coordonnateur du projet, KIENTEGA Kaongo Wilfried Séraphin, revient sur une transformation qui a fait basculer des dizaines de milliers d’usagers du cash vers le digital.
Du cash au compte : la fin d’une contrainte vieille de plusieurs décennies
Avant l’intervention du PAIF-PME, une grande partie du paiement des pensions de retraite, des droits de douane ainsi que des impôts et taxes reposait essentiellement sur l’usage du numéraire. Une pratique qui exposait les usagers à des risques sécuritaires, à des longs délais de traitement et à la traçabilité des opérations.
Le Coordonnateur rappelle que le projet a appuyé un diagnostic approfondi des flux financiers de l’État avant de bâtir un plan d’action vers un portail de paiements gouvernementaux pleinement intégré.
Concrètement, ce chantier s’est traduit par l’achat de logiciels et de matériel informatique pour les portails de paiement de la CNSS, de la CARFO et de la Direction générale des douanes (DGD), un volet d’assistance technique et de formation, ainsi que des campagnes de sensibilisation à destination des retraités et des opérateurs économiques de l’import-export.
Des chiffres qui dépassent les cibles initiales
Le bilan chiffré présenté par le Coordonnateur témoigne d’une dynamique allant au-delà des objectifs fixés au démarrage du projet :
- Plus de 16 000 retraités de la CARFO et de la CNSS perçoivent aujourd’hui leur pension à travers des canaux digitaux ;
- La biométrie de la CARFO est désormais opérationnelle, avec un enrôlement quotidien des pensionnés ;
De manière globale, 17 858 usagers disposent aujourd’hui de comptes de transaction, contre une cible initiale fixée à 9 300 bénéficiaires — soit un dépassement net des prévisions.
Un changement au-delà des chiffres
Au-delà des chiffres, le Coordonnateur insiste sur la dimension qualitative du changement : des services plus rapides, plus transparents, plus sécurisés, avec une réduction notable des risques de fraude.
« Le projet a contribué à moderniser la relation entre l’État et les citoyens, en la rendant plus fluide, plus fiable et davantage orientée vers la qualité du service public. »
Une seconde phase pour étendre les acquis
Alors qu’une seconde phase du PAIF-PME est en réflexion, le Coordonnateur évoque la nécessité d’une consolidation de la digitalisation des paiements publics en l’étendant à d’autres secteurs, afin d’accroître la transparence et de réduire davantage les coûts de transaction pour les usagers. Le développement rapide des fintechs ouvre, selon lui, de nouvelles perspectives pour rendre ces services encore plus inclusifs et mieux adaptés aux besoins des populations.
Reste un défi identifié par le Coordonnateur lui-même : la résistance au changement face aux nouveaux outils numériques, et une maturité numérique encore inégale chez certains usagers — des obstacles que le projet dit avoir progressivement levés par la formation et l’accompagnement de proximité.
*NB: Propos recueillis dans le cadre du bilan des sept années de mise en œuvre du PAIF-PME, projet porté par le Gouvernement du Burkina Faso avec l’appui financier de la Banque mondiale.
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