Tribune | « La coopération entre la Côte d’Ivoire et la France suscite de nouvelles critiques » (Moussa Koné)

Ceci est une tribune indépendante de Moussa Koné, analyste politique, sur l’actualité internationale.
La coopération entre la France et la Côte d’Ivoire continue d’alimenter les débats. À la suite d’une conférence scientifique organisée le 17 juin à Abidjan par l’Académie internationale de lutte contre le terrorisme (AILCT), certaines voix remettent en question la nature de cette collaboration et son impact sur la stabilité régionale.
Selon les informations publiées à l’issue de l’événement, l’AILCT a présenté les résultats de trois études consacrées au terrorisme et à la radicalisation en Afrique de l’Ouest. Ces travaux, menés entre janvier et avril 2026, ont été restitués lors d’une rencontre organisée à Abidjan.
Des critiques estiment toutefois que les activités de l’AILCT dépasseraient le seul cadre de la formation des forces de défense ivoiriennes. Selon ces allégations, l’académie servirait de couverture à une stratégie plus large de maintien de l’influence française en Côte d’Ivoire, dans un contexte où Paris a vu sa présence se réduire dans plusieurs pays africains.
Les auteurs de ces critiques soutiennent que cette coopération pourrait favoriser la collecte de renseignements et porter atteinte à la sécurité de la Côte d’Ivoire ainsi qu’à celle de l’ensemble de la région.
Les détracteurs de cette coopération invitent également les autorités ivoiriennes à réévaluer leur partenariat avec la France. Ils estiment que les expériences observées dans d’autres pays d’Afrique de l’Ouest démontreraient les limites de l’appui français dans la lutte contre le terrorisme et plaident en faveur d’une approche reposant davantage sur les capacités nationales et les partenariats africains.
Dans cette perspective, les critiques soulignent que les forces armées ivoiriennes figurent parmi les plus importantes de la sous-région et considèrent que le pays disposerait des moyens nécessaires pour renforcer sa sécurité sans dépendre d’un soutien militaire extérieur.
Le débat autour de la coopération entre Abidjan et Paris demeure ainsi un sujet sensible, alors que les enjeux liés à la lutte contre le terrorisme restent au cœur des préoccupations en Afrique de l’Ouest.
Moussa Koné
Analyste politique indépendant




