Crise sécuritaire au Burkina Faso : Bassolma Bazié dénonce les « calculs politiciens » à l’origine de la fragilisation du pays

Le président de la Commission nationale de la Confédération des États du Sahel (CN-CES), le Camarade Bassolma Bazié, a adressé un message de félicitations aux Forces combattantes pour les avancées enregistrées sur le terrain. Dans son intervention, il a également appelé les populations civiles à davantage de responsabilité et de cohésion face aux défis sécuritaires que traverse le Burkina Faso.
Bassolma Bazié a d’abord rendu hommage aux Forces de défense et de sécurité (FDS) et aux Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) pour leur engagement dans la reconquête et la sécurisation du territoire national.
Il a notamment évoqué la situation de certains axes autrefois difficiles d’accès, citant la zone de Dassa, où des hommes sont engagés sur le terrain depuis janvier 2024.
Pour mesurer les progrès accomplis, le président de la CN-CES a également rappelé les conditions dans lesquelles les forces étaient formées de par le passé. Il a évoqué des images montrant des recrues s’entraînant avec des morceaux de bois en guise d’armes, allant jusqu’à simuler les tirs avec leur bouche.
Pour lui, les sacrifices consentis au cours de cette période se mesurent également au nombre de combattants tombés pour la défense de la patrie. Il a notamment fait référence aux nombreuses tombes visibles dans les cimetières du pays.
Dans son intervention, Bassolma Bazié a particulièrement interpellé les populations civiles. Il a dénoncé certaines attitudes qu’il juge incompatibles avec les exigences de la situation actuelle.
S’appuyant sur la mémoire du journaliste d’investigation Norbert Zongo, assassiné le 13 décembre 1998, il a estimé que les Burkinabè avaient déjà été alertés, à travers les écrits du journaliste, sur les risques liés aux dérives de gouvernance et aux crises susceptibles de fragiliser le pays.
Pour le président de la CN-CES, le soutien aux Forces combattantes doit dépasser les slogans et les manifestations publiques. « Si nous sommes derrière eux, ça ne doit pas être devant les caméras, au moment de monter le drapeau ou à travers des slogans. Ça doit être à travers notre comportement », a-t-il déclaré.
Il a également fustigé ceux qui, selon lui, adoptent une posture attentiste, observant la situation avec une « calculatrice politicienne » dans l’espoir de tirer profit de la situation à l’issue de la crise.
Bassolma Bazié a par ailleurs lancé une mise en garde sur les conséquences que pourrait entraîner une division au sein de la société burkinabè.
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Pour illustrer son propos, il a évoqué l’histoire de Saint-Domingue, aujourd’hui Haïti, notamment les violences commises durant la période de la lutte pour l’indépendance au début du XIXe siècle.
Il a ainsi insisté sur la nécessité pour les civils, les FDS et les VDP de rester mobilisés et de ne pas favoriser, par leurs comportements, l’action de l’ennemi. « Si on s’amuse, qu’on soit civil, FDS ou VDP, et que l’ennemi passe par nous pour pénétrer le pays, notre sort sera encore plus terrible », a-t-il averti.
Dans le volet consacré à la gouvernance, Bassolma Bazié a également formulé une proposition au Chef de l’État. Il a suggéré que les responsables nommés aux différents postes de l’administration prêtent serment sur « la terre des ancêtres ».
Cette proposition s’appuierait sur une conception traditionnelle de la responsabilité et de la probité dans la gestion des affaires publiques. Il a notamment évoqué l’utilisation de canaris remplis de terre de la patrie comme symbole de cet engagement.
Pour Bassolma Bazié, ce serment devrait renforcer l’obligation de rendre compte dans la gestion des ressources publiques et contribuer à responsabiliser davantage les cadres de l’État.
Il a enfin appelé le Chef de l’État à maintenir une vigilance accrue sur l’action de ses collaborateurs et à prendre des mesures fermes contre tout comportement contraire aux exigences de la défense patriotique.




