Innovation numérique : Kibaré, une plateforme conçue par un étudiant burkinabè pour centraliser l’actualité des médias

Étudiant en deuxième année, Krismtoe Issaka Kafando a conçu Kibaré, une plateforme d’agrégation d’actualité qui centralise les publications de plusieurs médias burkinabè et africains. Pensée pour faciliter l’accès à l’information, l’application propose notamment la recherche, le partage, les commentaires, les forums et les notifications. Son concepteur entend également contribuer à la lutte contre la désinformation qui circule sur les réseaux sociaux.
Kibaré se présente comme un agrégateur d’actualité. La plateforme récupère les contenus publiés par différents médias et les rassemble au sein d’une même application. L’objectif est de permettre aux utilisateurs de consulter, depuis un seul canal, plusieurs sources d’information sans avoir à parcourir successivement les différentes plateformes médiatiques. « C’est une application, un agrégateur d’actualité, qui recense les différents médias et leurs actualités, et les affiche dans l’application », explique Krismtoe Issaka Kafando, son concepteur.

Le jeune étudiant a également voulu donner à son projet une identité liée au contexte culturel burkinabè. Le terme « Kibaré », qui signifie « information » ou « nouvelle » en mooré, a ainsi été choisi pour rappeler l’ancrage local de l’initiative. « Étant donné que le Burkina est dans une dynamique de révolution et de valorisation des valeurs endogènes, je me suis dit : pourquoi ne pas choisir un nom qui reflète la culture burkinabè ? », souligne-t-il.
Des fonctionnalités pensées pour l’utilisateur
Au-delà de la centralisation des contenus, Kibaré intègre plusieurs fonctionnalités destinées à faciliter la consultation et l’interaction avec l’actualité. Les utilisateurs peuvent notamment aimer et commenter les publications, enregistrer un article pour le consulter ultérieurement ou encore le partager avec leurs proches et sur les réseaux sociaux. Une fonction de recherche permet également de retrouver une actualité à partir d’un mot-clé.
La plateforme dispose aussi de forums, présentés par son concepteur comme des espaces de discussion autour des informations publiées. « Dans ces forums-là, on peut discuter de chaque actualité », précise Issaka Kafando. L’application propose par ailleurs deux langues, le français et l’anglais, avec une fonctionnalité de traduction destinée notamment à permettre aux utilisateurs francophones et anglophones de consulter les contenus dans la langue de leur choix.
Lire aussi 👉 Burkina Faso : À 14 ans, il crée une application pour lutter contre la cybercriminalité
Kibaré couvre actuellement plusieurs pays africains, notamment le Burkina Faso, le Mali, le Niger, le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Togo, le Sénégal, le Cameroun et la Guinée. Le Ghana n’est pas encore intégré à la plateforme, en raison notamment de la prédominance de l’anglais dans le pays. Pour le moment, l’application n’est pas disponible sur les stores, mais elle peut être téléchargée depuis son site officiel kibare.info. L’utilisation de base ne nécessite pas de compte. En revanche, une inscription est requise pour certaines interactions, notamment les commentaires et les mentions « J’aime ».
Une innovation pour lutter contre la désinformation
La lutte contre les fausses informations constitue l’une des principales motivations avancées par le concepteur. Face à la circulation de contenus non vérifiés sur Facebook, TikTok ou encore WhatsApp, Krismtoe Issaka Kafando estime nécessaire de proposer un autre moyen d’accès à l’actualité, reposant sur les contenus issus de médias.
« Ma principale motivation, c’était de faire reculer les fake news », affirme-t-il. Selon lui, Kibaré doit permettre aux utilisateurs de retrouver plus facilement les informations publiées par les médias regroupés sur la plateforme. Cette volonté se traduit également par un système de mise à jour régulière. Les contenus sont rafraîchis à intervalles de cinq minutes, tandis que des notifications sont envoyées lorsqu’une nouvelle actualité est disponible.

Pour le jeune concepteur, cette organisation constitue l’une des particularités de Kibaré. « Toutes les cinq minutes, lorsqu’il y a une information disponible sur chaque plateforme, vous aurez accès à l’actualité », explique-t-il. Les notifications affichent notamment le titre et une partie de la description de l’article, avec la possibilité pour l’utilisateur d’ouvrir l’application afin d’en consulter le contenu.
Des contraintes techniques et financières
La conception de Kibaré n’a toutefois pas été sans difficultés. Sur le plan technique, l’une des principales contraintes a consisté à organiser les données provenant des différents médias. « Les informations reçues des médias, c’était sous forme de flux RSS. Il fallait d’abord les agencer en format JSON avant de les stocker en base de données », détaille le concepteur.
À cette difficulté technique s’est ajoutée une contrainte financière. Le financement de la conception de l’application et les dépenses liées à son fonctionnement, notamment l’acquisition du nom de domaine, représentent des charges difficiles à supporter pour un étudiant. Malgré ces obstacles, Issaka Kafando entend poursuivre le développement de son initiative.
Il lance ainsi un appel au soutien du gouvernement et aux personnes susceptibles d’accompagner le projet, aussi bien sur les plans financier et technique que dans d’autres domaines. « C’est un projet endogène, conçu par un Burkinabé, dans le but aussi d’aider le Burkina Faso en matière de lutte contre la désinformation et les intoxs », affirme-t-il. À travers Kibaré, l’étudiant veut ainsi faire de la technologie un outil d’accès à l’information et contribuer, à son échelle, à renforcer la place des sources médiatiques dans un environnement numérique marqué par la multiplication des contenus.
C. SOMDA, G. KY-ZERBO, L. KATIOU (stagiaires)
Burkina 24




