Kenya : Les dirigeants de FlexPay arrêtés dans une affaire présumée de détournement de 31,2 millions de shillings

Deux dirigeants de Flexitech Group Limited, société liée à la fintech kényane FlexPay, ont été arrêtés à Nairobi dans le cadre d’une enquête portant sur un présumé détournement de 31,2 millions de shillings kényans, soit plus de 200 000 dollars, rapporte Startup Medias.

Martin Kariuki Maina et Johnson Gituma Mwangi ont été interpellés dans le quartier de Roysambu, à Nairobi, par les enquêteurs de la Directorate of Criminal Investigations (DCI). Selon les autorités kényanes, l’enquête a été ouverte à la suite d’une plainte déposée par une importante enseigne de distribution.

Les deux responsables auraient agi comme agents de cette entreprise et collecté auprès de clients des paiements correspondant à des produits déjà achetés et récupérés dans plusieurs points de vente. Le montant concerné est précisément de 31 213 700,95 shillings kényans. Ces fonds auraient dû être reversés au distributeur.

Les enquêteurs soupçonnent toutefois les deux dirigeants, ainsi que d’autres personnes qui n’ont pas encore été arrêtées, d’avoir utilisé une partie de ces sommes à d’autres fins. Martin Kariuki Maina et Johnson Gituma Mwangi sont actuellement détenus dans l’attente de leur présentation devant le Milimani Law Courts.

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Ils devraient être poursuivis pour « stealing by agent », une infraction prévue par l’article 283(b) du Code pénal kényan. L’enquête se poursuit afin d’identifier et de retrouver les autres personnes susceptibles d’être impliquées dans cette affaire.

Cette arrestation intervient alors que FlexPay s’est imposée ces dernières années dans le secteur des paiements alternatifs au Kenya. Créée en 2017, la fintech s’est notamment développée autour du modèle « save now, buy later », permettant aux consommateurs d’épargner progressivement avant d’acquérir un produit.

La plateforme propose également des mécanismes d’épargne par objectifs et des dispositifs d’épargne collective. Elle se présente comme une solution de facilitation des paiements et de l’épargne, plutôt que comme un établissement prêteur traditionnel.

En 2023, l’entreprise revendiquait plus de 600 commerçants partenaires et 200 000 clients. Elle avait également levé environ 785 000 dollars auprès de plusieurs investisseurs, dont Acacia Group, LoftyInc, Expert Dojo, Google Black Founders Fund et Renew Capital.

L’affaire intervient également dans un contexte marqué par des réclamations de certains clients concernant notamment des délais dans les retraits, le traitement de commandes ou encore des demandes de remboursement.

Toutefois, ces réclamations restent, à ce stade, distinctes de l’enquête menée par la DCI. Les autorités kényanes n’ont pas établi de lien entre ces plaintes et les 31,2 millions de shillings au centre de la procédure judiciaire.

Cette affaire met néanmoins en lumière les enjeux de contrôle et de confiance auxquels sont confrontées les fintechs qui gèrent d’importants flux financiers pour le compte de commerçants et de consommateurs.

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