Grande marche sportive de 12 km : « Il ne faut pas attendre que le sport devienne une ordonnance » (Participante)

À l’initiative de KL’s CorpsActif, la deuxième édition de la Grande marche sportive s’est tenue le samedi 5 septembre 2026 à Ouagadougou. Dès 5h30, les participants ont pris le départ depuis l’Espace sportif de Pissy pour un parcours de 12 kilomètres, avec pour objectif de promouvoir l’activité physique, la santé et le vivre-ensemble.
Le jour commence à peine à se lever que l’Espace sportif de Pissy s’anime déjà. Des hommes et des femmes se retrouvent, certains habitués à l’exercice physique, d’autres venus se confronter pour la première fois à une distance aussi importante.
À 5h30, le groupe s’élance. Les premiers pas sont encore mesurés. Les corps se mettent progressivement en mouvement, les foulées s’allongent et le peloton s’étire au fil des minutes.
Pour ces marcheurs, il ne s’agit pas d’une simple promenade. Les 12 kilomètres annoncés imposent un rythme qu’il faut savoir gérer. Au départ, l’enthousiasme domine.
Puis, à mesure que les kilomètres défilent, la respiration devient plus soutenue, les visages commencent à porter les marques de l’effort et la transpiration accompagne progressivement les pas.
Lire également 👉Burkina Faso : Une marche de 10 km pour rappeler les bienfaits du sport
Le circuit conduit les participants de l’Espace de sportif de Pissy vers le rond-point de Cissin, puis Petrofa Cissin, avant de poursuivre en direction de l’Hôtel Poko et de l’échangeur de l’Ouest.
Après plusieurs kilomètres dans les rues, les marcheurs reprennent la direction de l’Espace sportif de Pissy, point de départ et d’arrivée de cette boucle de 12 kilomètres.

Sur le parcours, chacun avance à son rythme. Les plus aguerris maintiennent une cadence soutenue tandis que d’autres ralentissent pour reprendre leur souffle avant de poursuivre. Les échanges entre participants, les encouragements et la volonté d’aller jusqu’au bout contribuent à maintenir la dynamique du groupe.
Pour Djamila Compaoré, cette deuxième édition a également été l’occasion de repousser ses propres limites. « Aujourd’hui seulement, je peux vous dire que j’ai dépassé mes limites », confie-t-elle, après avoir reconnu que cette distance constituait une première pour elle malgré son habitude de marcher.

Quelques kilomètres plus loin, William Zoungrana affiche également sa satisfaction. « Actuellement je me sens réellement à l’aise. C’est vraiment une très bonne chose la marche », estime-t-il, considérant le sport comme un moyen de rester en forme et de préserver sa santé.
De l’effort à la prévention, le sport comme une habitude
Si les corps sont mis à l’épreuve, le message porté par cette marche dépasse la performance. Pour les organisateurs, l’enjeu est surtout d’encourager une pratique régulière du sport face aux conséquences de la sédentarité. « Les gens souffrent de beaucoup de maladies dues à la non-pratique du sport », explique le coach Boubacar Sanou, promoteur de l’activité.

La création du club KL’s CorpsActif répond, selon lui, à une volonté de contribuer à la santé et au bien-être de la population. La marche constitue également, à ses yeux, un moyen de renforcer la cohésion sociale et le vivre-ensemble, le sport étant « un facteur qui rassemble ».
Au-delà du discours, les témoignages recueillis pendant la marche traduisent des motivations diverses. Charifa Traoré évoque notamment les effets qu’elle associe à la marche sur ses problèmes de dos et sur la perte de poids.

Julie Kambou, elle, reconnaît que les premières foulées ont été difficiles. « Au départ de la marche, c’était un peu chaud mais Dieu merci, jusque-là je me sens légère actuellement », témoigne-t-elle, tout en appelant à une participation plus massive aux prochaines éditions.
Le message d’Adja Sawadogo résume l’esprit de cette mobilisation. Pour elle, le sport doit s’inscrire dans les habitudes quotidiennes et ne pas intervenir uniquement lorsque la maladie survient. « Il ne faut pas attendre que le sport devienne une ordonnance pour nous », lance-t-elle, invitant chacun à intégrer la marche à son quotidien, même à travers quelques pas chaque matin.

Cette deuxième édition a, par ailleurs, dépassé les attentes de son promoteur. Boubacar Sanou dit avoir été « agréablement surpris » par la mobilisation, qu’il considère comme un signe de l’intérêt croissant porté à l’activité sportive. Après cette édition organisée à la demande des participants, KL’s CorpsActif entend désormais inscrire cette initiative dans la durée, avec l’ambition d’organiser une marche chaque premier samedi du mois, au même endroit.

Après une heure d’effort, les 12 kilomètres sont finalement parcourus. Les pas ralentissent, les visages portent les traces de l’effort et la fatigue laisse progressivement place au sentiment d’avoir accompli le parcours. Une collation attend les participants à l’arrivée. Mais au-delà des kilomètres parcourus, cette matinée aura surtout rappelé une idée simple : pour prendre soin de sa santé, mieux vaut faire du sport avant que la maladie ne l’impose.
Christopher SOMDA
Pour Burkina 24




