PROMIN 2012 : pour que les mines profitent à tous

Il est nécessaire que le sort des populations suive la progression du boom minier (Ph : B24)

Le boom minier, surtout celui de l’or, enclenché depuis 2009 au Burkina et qui a atteint sa vitesse de croisière en 2011, n’a pas profité à tous, notamment aux communautés riveraines. Les journées de promotion minière du Burkina (PROMIN), pour sa 5e édition, se proposent de réfléchir à une solution.

« Au vu de l’accroissement des crises et des tensions sociales enregistrées ces dernières années autour du secteur minier, il est impératif de rappeler la nécessité pour les entreprises minières, de faire de la Responsabilité sociale de leur structure une préoccupation centrale ». Cette phrase dans les termes de référence du PROMIN 2012 campe le décor, situe la problématique et donne un sens au thème « exploitation minière et développement communautaire ».

Ce nouveau code minier

Le boom minier burkinabè, précisément celui de l’or, en effet, n’a jusqu’à présent pas réussi à convaincre qu’il  profite à l’ensemble des Burkinabè, malgré sa contribution à plus de 100 milliards de F CFA au budget étatique de 2011, ses 3 900 emplois directs, ses 12% au PIB et  ses 32 tonnes produites en 2011. Le boom des troubles et des violences des communautés oblige aujourd’hui à envisager de « construire un partenariat « gagnant-gagnant » entre l’Etat, les communautés locales et la mine », notamment en élaborant un nouveau code minier.

La 5e édition de PROMIN promet de penser à concilier exploitation minière et développement communautaire (Ph : B 24)

L’équilibre  entre attraction des investisseurs et partage équitable des bénéfices

Mercy Tembon, représentante résidente de la Banque mondiale, a estimé que ce nouveau cadre juridique doit « maintenir l’équilibre délicat entre attraction des investisseurs et partage équitable des bénéfices ». A son avis, l’Etat doit développer une stratégie à même de lui permettre de maîtriser le secteur et de répondre aux attentes des populations.

Le code minier au Parlement en janvier 2013

Les autorités burkinabè semblent avoir cela à l’esprit. « Nous souhaitons que là où  sont implantées les mines, il faut que les populations ressentent que dans cette zone il y a des retombées économiques et sociales », a laissé entendre Beyon Luc Adolphe Tiao, Premier ministre, précisant que cette  une orientation qui figurera dans le prochain code minier.

De nombreux investisseurs sont présents à ce PROMIN (Ph : B24)

Le ministre des mines, Salif Kaboré, a assuré que tous les avis (du minier au Burkinabè, en passant par l’Etat) seront recueillis avant l’élaboration de ce document, qu’il prévoit sur la table de la prochaine session parlementaire, précisément en janvier 2013.

Le PROMIN 2012 quant à lui se tient du 6 au 8 décembre 2012 à Ouaga 2000 et vise originellement la promotion et l’ouverture du secteur minier aux investisseurs privés.

L’Etat burkinabè peut-il exploiter lui-même ses ressources minières ?

« C’est possible. Mais (…) si aujourd’hui on dit à l’Etat de trouver les ressources nécessaires pour faire un investissement nécessaire à l’ouverture ou à la production d’une mine, ce n’est pas sûr finalement qu’il puisse l’avoir. Il peut l’avoir pour une mine, mais est-ce qu’il peut l’avoir pour dix mines ? Et dans quel délai ? (…)

Philippe Ouédraogo, ingénieur des mines de formation (Ph : B24)

Actuellement, le principe est que l’Etat doit se désengager des responsabilités directes de gestion des entreprises et de les confier à des sociétés privées(…).

Tant que les conditions sont favorables, je pense que c’est une bonne solution que de confier à une société privée le soin d’investir, de prendre des risques et aussi de bénéficier en retour des bénéfices, à la condition que l’Etat prélève suffisamment de taxes et d’impôts pour  que ces ressources qui sont exploitées produisent quelque chose qui pourrait être investi pour préparer l’avenir de ceux qui ne vont pas trouver les  trouver. »

Philippe Ouédraogo, ingénieur des mines

 

 

 

un commentaire

Répondre

  • Cyrus Yaméogo
    7 décembre 2012 at 10 h 32 min - Reply

    ON DIT QUE LA MAJEUR PARTIE DES BURKINABE ONT UN ESPRIT PAUVRE MAIS LE BURKINA EN REALITE N'EST PAS PAUVRE. IL FAUT OSER ENTREPRENDRE SEULEMENT ET VOUS VEREZ SI CA NE MARCHE PAS.

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