Taiwan : « la Chine » du Burkina

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L’Afrique n’est plus le continent à la dérive. Longtemps resté en marge du développement et de la mondialisation elle fait désormais l’objet de convoitises et d’attentions de la part des investisseurs notamment la Chine très présente en terre africaine, au point d’être en passe de devenir le premier partenaire économique du continent. Cependant la chine est un géant à deux têtes, composée de la « république de Chine, Taiwan» et de « la république populaire de Chine », dont la reconnaissance de l’une exclut l’autre. Pourquoi le choix de Taiwan pour le cas du Burkina Faso ?

Le Burkina, plutôt Taipei que Pékin

Le Burkina Faso reste à ce jour l’une des exceptions sur le continent à privilégier une coopération avec Taipei (République de Chine, Taiwan) plutôt qu’avec Pékin (République Populaire de Chine).  Avec la Gambie, Sao Tomé et le Swaziland, le « Pays des Hommes intègres » fait partie des quatre dernier pays africains à maintenir des relations avec Taiwan.

Cette île de 23 millions d’habitants qui se bat depuis plusieurs décennies pour exister en tant qu’Etat souverain et indépendant mais que la Chine populaire persiste à considérer comme une province sécessionniste faisant partie de son territoire. Pékin  ayant fait de la non-reconnaissance de Taiwan un passage obligé avant l’établissement de toutes relations.

Une coopération  gagnant-gagnant 

« Les relations internationales sont guidées par les intérêts des nations » et le Burkina Faso n’ignore pas ce fait, lui qui semble mener une coopération bilatérale fructueuse et mutuellement avantageuse depuis la reprise de ses relations diplomatiques en 1994 avec la République de Chine. Taiwan est en quête d’une reconnaissance et le Burkina Faso d’un partenaire prêt à soutenir de façon conséquente ses projets de développement.

Il s’agit donc pour Taiwan d’aider le Burkina Faso à émerger sur le plan économique tout en bénéficiant de sa reconnaissance internationale et de son appui dans les plus hautes instances de la communauté internationale.

Un partenariat  cité comme un exemple de coopération sud-sud, en témoignent les résultats et les actions concrètes sur le terrain. « Taiwan constitue un des pays avec lequel les relations diplomatiques sont des plus profitables pour notre pays » déclarait le ministre Djibril Bassolé lors de la dernière session de la Commission mixte Burkina Faso-Taiwan en 2012.

« L’aide taiwanaise est appréciée pour son efficacité et sa flexibilité », soulignait quant  à lui le diplomate taiwanais Zhang Ming-Zhong, qui se plait à rappeler que, contrairement à la Chine populaire,  la Chine Taiwan « respecte les préoccupations de la communauté internationale ».

Dans tout les cas, toutes les « deux Chines » cherchent à étendre leur zone d’influence et à asseoir leurs avantages commerciaux sur le continent qui devient un terrain plus compétitif avec un avantage comparatif du monopole occidental en baisse.  Contrairement aux occidentaux, les Chinois séduisent les dirigeants africains parce qu’ils investissent et ne parlent pas de démocratie et les peuples parce qu’ils construisent des routes et des hôpitaux.

Nelson COMPAORE

Chroniqueur relations internationales, 

Pour Burkina 24

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Nelson compaore

Chroniqueur Relations internationales pour Burkina 24, Juriste internationaliste, Doctorant en droit.

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