Roch Kaboré chez Obiang Nguema : « Ce qui nous importe, ce sont les intérêts réciproques des pays »

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Foi du Président du Faso, c’est « déterminés, engagés,  et vraiment soucieux » que les Burkinabè, estimés à environ 15 000 travaillant en Guinée Equatoriale, mettent du leur et ce malgré la précarité à laquelle font face nombre d’entre eux,  pour « chercher leur propre prospérité » et « apporter leur concours à l’émancipation et au développement » du pays hôte. Il l’a fait savoir à son retour de sa visite de travail dans ce pays d’Afrique centrale dans la soirée du mercredi 17 août 2016.

Selon  le Président du Faso, depuis 8 ans environ, la commission mixte créée dans le cadre de la coopération entre les deux pays « n’a jamais tenu de sessions ». La visite de travail a consisté, dit-il, à veiller à la reprise des activités de la commission, mais aussi de prendre attache avec les Burkinabè vivant et travaillant en Guinée Equatoriale, qui ont mis le doigt sur la problématique des documents de travail « pour être vraiment dans les règles ».

Foi, du Président du Faso, les discussions ont porté sur les préoccupations des compatriotes qui y vivent afin dit-il « de définir des mesures idoines qui permettent aux compatriotes d’être dans les meilleures conditions de travail et dans la dignité requises ». La nécessité sied selon le Président de s’assurer que « la contribution qu’ils apportent au développement économique et sociale de la Guinée équatoriale soit reconnue »

Roch Kaboré l’admet. Dans toute communauté, « il y a des brebis galeuses ». Mais, selon lui, cela ne doit pas coller à la peau de toute la communauté, notamment dit-il, « parce que le Burkinabè est reconnu comme travailleur, comme intègre dans ces activités ».

Rapatriement de Burkinabè du pays

Et pour s’assurer que ces milliers de Burkinabè « intègres » qui vivent et travaillent là-bas « soient perçus comme tels », le Président annonce que des engagements ont été  pris.

Ainsi au regard du nombre des Burkinabè qui résident dans ce pays, a déclaré le Président, « il faut relever le niveau de la représentation » de consulat honoraire à consulat général ou à une ambassade digne de ce nom. « Le nombre qu’ils sont est devenu tel qu’il faut une ambassade carrément pour encadrer et aider nos compatriotes », a déclaré le Président du Faso.

Une nécessité sur laquelle ont porté les discussions entre les deux Chefs d’Etats. Le Président Kaboré a révélé son homologue a « reconnu »  l’apport des Burkinabè  dans l’activité économique du pays.

Toutefois, note Roch Kaboré, la chute du prix du baril du pétrole a porté un coup dur au boom économique qui a été « réduit ». Ce qui comporte des difficultés au plan du travail. Mais, « à tous les niveaux (encadrement supérieur, des maisons), on peut reconnaître que les Burkinabè jouent un rôle important ».

Dans ce pays d’Afrique centrale, le Président du Faso confie avoir rencontré des Burkinabè « déterminés, engagés,  et vraiment soucieux de renforcer leur solidarité, non seulement de chercher leur propre prospérité, mais également d’apporter leur concours à l’émancipation et au développement de la Guinée équatoriale ».

Un Président démocratiquement élu chez des Présidents accrochés au pouvoir ?

Les Présidents Obiang Nguema et Sassou Nguesso sont à la tête de leurs Etats respectifs depuis plusieurs décennies. Interrogé sur la portée de sa visite dans ces pays, le Président s’est voulu rassurant. Pour lui, « ce n’est pas gênant ».

Dans les relations d’Etats, relève Roch Kaboré « ce qui nous importe, ce sont les intérêts réciproques des pays ». Mais, précise-t-il, loin de lui de nouer des  relations avec des pays en ayant une appréciation « négative » ou « personnel » des préoccupations de ces pays.

« Il appartient à chaque pays de trouver les voies et moyens d’instaurer une situation durable au plan économique, démocratique », a déclaré le Président du Faso. Et « c’est pourquoi, ajoute-t-il, que nous faisons très attention au fait que les relations d’Etats ne s’embarrassent pas de ces préoccupations que nous avons au plan politique ».

Ici, ce qui doit importer au « plus haut niveau », selon Roch Kaboré, c’est non seulement le renforcement des relations économiques et sociales, mais surtout de veiller « à ce que les compatriotes qui sont dans ces pays puissent bénéficier de la sécurité qui les permet de vivre en toute convivialité avec les populations de ces pays ».

Oui KOETA                              

Burkina24

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