Burkina : « Et si l’on se lavait les mains ? »

Ceci est une  déclaration de l’Action pour la Sécurité Humaine en Afrique (ASHA) à l’occasion de la Journée internationale du lavage de mains.

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A l’occasion de la journée internationale du lavage des mains célébrée le 15 octobre de chaque année, l’Action pour la Sécurité Humaine en Afrique (ASHA), dont la mission est la promotion de l’être humain dans toutes ses composantes, souhaite une bonne commémoration à toutes et à tous.

S’il est vrai que cette journée met en avant la nécessité de cette pratique dans la préservation de la santé de tous, elle est aussi une occasion offerte pour analyser de façon sereine l’impact d’une telle initiative sur la santé des populations. De prime abord, on peut dire sans risque de se tromper qu’il n’y a rien de plus banal que se laver les mains.

Le lavage des mains est, comme le dirait l’autre, la chose au monde la mieux partagée. Dès lors, pourquoi s’interroger sur ce qui semble évident ? Pourtant, en prenant du recul, on se rend compte que cette évidence n’est que de façade. En effet, cette pratique existe, mais il importe de reconnaître qu’elle n’est pas toujours conforme aux règles d’hygiène.

Pour nous en convaincre, jetons un regard sur la manière dont cette pratique se fait dans la plupart de nos ménages. Une bassine pleine d’eau, dans laquelle, à tour de rôle (du plus âgé au moins âgé) l’on plonge la main. On se rend ici compte que si laver les mains rime avec préservation de la santé, recherche de l’hygiène, on peut en déduire que cette pratique du lavage des mains n’est pas du tout hygiénique. Du caractère plus ou moins évident de cette pratique, interrogeons-nous à présent sur la nécessité du lavage des mains.

Il est important de se laver les mains pour éviter de contracter certaines maladies. Il est établi un lien entre la quasi-totalité des maladies que nous contractons et le manque d’hygiène. Comme décrit ci-dessus, il ne suffit pas simplement de se laver les mains, il faut le faire suivant les règles standards d’hygiène, en utilisant les produits appropriés comme du savon ou toute autre forme de désinfectant. En effet, avec l’apparition de la fièvre à virus Ebola, la pratique du lavage des mains était en passe de devenir un réflexe au sein des populations.

Ainsi, il était courant de voir les personnes âgées et même les enfants avoir sur eux les petits flacons de désinfectants pour se laver les mains avant de les utiliser pour manger. Mais aujourd’hui l’on peut affirmer avec certitude que cette pratique tend à être abandonnée. Face à ce constat, nous saisissons cette occasion pour encourager les uns et les autres à continuer à observer ces réflexes même s’il est vrai que la menace liée à Ebola est moins prégnante aujourd’hui. Il faut se laver les mains jusqu’à ce que cette pratique devienne naturelle chez les uns et les autres.

Se laver les mains ne doit plus être perçu comme une corvée, mais plutôt comme quelque chose de naturel, de tout à fait ordinaire. Cette pratique ne doit plus être perçue comme un comportement d’intellectuel dit « nansaar-neda[1]« . Puisque tout le monde a droit à la santé, on peut dire sans ambages que l’on doit se donner les moyens de rester en bonne santé le plus longtemps possible. ASHA, à l’instar d’autres acteurs, propose des idées à mettre en œuvre pour rendre effective la pratique du lavage des mains.

En tant qu’action citoyenne, ASHA œuvre à la mise en œuvre de moyens et pratiques capables d’assurer à tous quiétude et satisfaction. ASHA accompagne donc toutes les structures qui s’engagent pour la promotion de la sécurité humaine. Convaincue que la santé des populations est à la base[2] de tout projet de développement, ASHA interpelle l’ensemble des acteurs à veiller à vulgariser la pratique du lavage des mains dans les familles, les espaces communautaires (dispensaires, hôpitaux, lieux de culte, marchés, jardins, débits de boisson, etc.), les établissements scolaires et universitaires. L’actualité au Burkina en matière de politique sanitaire est la gratuité des soins. Quelle est la place de la promotion de l’hygiène et la santé, notamment la sensibilisation au lavage des mains ?

Il est  connu que la prise en charge d’un malade revient plus cher à l’Etat que la mise en place d’une politique efficace de prévention des maladies. Tout en louant les efforts consentis dans ce domaine, ASHA recommande au gouvernement de doter les populations de moyens efficaces pour se prémunir des différentes maladies. ASHA propose en amont une prise en compte du lavage des mains dans l’élaboration des curricula et en aval, la mise en place de dispositifs et leur accessibilité par les utilisateurs. Dans les écoles et les universités publiques et privées, ASHA propose, en partenariat avec les comités de gestion et les cellules sociales en place dans les structures scolaires et sur les campus, un programme de sensibilisation sur l’importance du lavage des mains.

Il s’agit à court, à moyen et long terme d’amener les élèves, les étudiants, le personnel scolaire et universitaire et les partenaires sociaux intervenant sur le terrain, à intégrer cette pratique dans leurs faits et gestes quotidiens afin de rompre le cycle de transmission des maladies tout en instaurant de nouveaux comportements.

ASHA, une action pour la promotion de l’être humain.

ASHA, l’être humain d’abord, l’être humain ensuite, l’être humain enfin.

Action pour la Sécurité Humaine en Afrique (ASHA)

1212 Avenue Bila Charles Kaboré

Téléphone: +226 25 37 68 34


[1]  Homme ayant adopté les habitudes du blanc

[2] Ne dit-on pas chez les Moosé : laafi la boumbou qu’on peut traduire de façon triviale : « la santé est à la base de tout. »

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