Réconciliation nationale : Pascal Zaïda appelle à bannir l’arrogance

Pascal Zaïda, coordonnateur national du Cadre d’expression démocratique (CED), était face à la presse ce jeudi 15 décembre 2016 à Ouagadougou. Au menu des échanges, la réconciliation nationale, la fronde sociale et des questions judiciaires.

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A l’occasion de la fête de l’Indépendance, Pascal Zaïda dit avoir une pensée spéciale pour les pères fondateurs du Burkina. « De là où ils se trouvent, qu’ils veillent par leurs prières sur nous pour que par un sursaut patriotique, les dirigeants actuels et la classe politique fassent montre d’un supplément d’humilité et de tolérance. Pour que sans délai, le pays entame un processus de dialogue inclusif », implore-t-il.

Il soutient que le fait de demander le dialogue et la tolérance n’est pas une prime à l’impunité. « Au plus profond de moi, j’aurais demandé à Blaise Compaoré de rentrer et de répondre des actes qui lui sont reprochés. C’est cela le Burkina réel », foi de Pascal Zaïda. Il n’a pas manqué de saluer l’effort du Tribunal militaire qui a annoncé des procès pour les prochaines semaines.

En tout état de cause, selon lui, tous les dossiers, même ceux en attente comme les affaires de détournements, de crimes politiques, devront être traités pour être véritablement en phase avec les aspirations populaires. Par ailleurs, note-t-il, « il y a des mandats d’arrêt émis au hasard ».

Le Coup de cœur de Pascal Zaïda :

« Cette réconciliation pourra prendre la forme qui conviendra aux autorités politiques en place. Mais il ne faut surtout pas annihiler les efforts mis en œuvre pour que les Burkinabè se pardonnent et se parlent. Une conférence nationale ou un dialogue national, l’important c’est que plus jamais un Burkinabè soit contraint de vivre hors du pays parce qu’il y a en interne un esprit de rejet et de revanche. Que l’orgueil, la suffisance et l’arrogance soient bannis à jamais, quelle que soit la grandeur ou la considération que l’on peut avoir de l’œuvre qu’on a pu accomplir ! »

Dans sa quête de la justice, la démocratie et la réconciliation, le Cadre d’expression démocratique (CED), à en croire son Coordonnateur national, a entrepris des tournées de plaidoyer auprès d’autorités coutumières, religieuses et politiques.

« Nous avons rencontré à ce jour le Mogho Naaba, le Chef de file de l’opposition politique, le Haut Conseil pour la réconciliation et l’unité nationale, le Citoyen africain pour la renaissance (CAR) », a expliqué Pascal Zaïda.

Il fait savoir que ce sont des hommes déjà convertis de la nécessité d’une réconciliation que le CED a pu rencontrer. A l’écouter, l’ultime solution est pourtant le dialogue inclusif, mais que les autorités manqueraient de volonté politique.

Le Burkina a connu, selon lui, une fronde sociale jamais égalée. « Ce qui paraît être des attitudes maximalistes n’est que le résultat de ce que les mêmes personnes qui sont au pouvoir ont créé », se défend-t-il.

Pour lui, mises à part certaines revendications justes et légitimes de travailleurs, les actes d’incivisme, les incendies de domiciles en cas de colère, sont des pratiques qui ont revu le jour toutes les fois que la force est préférée à l’argument.

Après sa déclaration liminaire, Pascal Zaïda a indiqué avoir été interpellé par la Police nationale dans le cadre de l’organisation de la présente conférence de presse. La Police voulait, selon lui, avoir une idée sur l’objet de la rencontre avec les journalistes.

Noufou KINDO

Burkina 24

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Noufou KINDO

@noufou_kindo s'intéresse aux questions liées au développement inclusif et durable. Il parle Population et Développement.

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