Burkina : Les députés interpellés par les femmes rurales

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Elles, ce sont les femmes rurales membres de l’organisation paysanne des femmes des quatre coins du Burkina et des représentants des partenaires SPONG et OXFAM, venues poser leurs préoccupations sur le financement de l’agriculture familiale aux parlementaires. Que ne fut pas leur déception face à l’absence d’interlocuteur. Elles finiront par se fier aux journalistes, à qui elles demandent d’être leurs relais et transmettre leurs doléances.

Ce lundi 16 octobre 2017, journée de l’alimentation, est le jour choisi par les femmes rurales du Burkina, maillons essentiels de la production et la transformation agricoles pour faire un plaidoyer aux députés sur leurs conditions.

Colette Nana, présidente de l’organisation paysanne des femmes rurales

Pour la présidente de l’organisation paysanne, Colette Nana,  malgré leur volonté de contribuer à la sécurité alimentaire et nutritionnelle des burkinabè, elles sont freinées dans leur élan par les politiques  et des pratiques qui ne favorisent pas toujours leur prise en compte dans la construction d’un Burkina « sans faim ». D’où leur cri de cœur pour une prise en compte de leurs causes dans les politiques de développement.

Leurs préoccupations se résument, entre autres, à l’insuffisance des ressources allouées au secteur, difficulté d’accès sécurisé à la terre, l’insuffisance des intrants et matériels de production et de transformation, le manque de formation, des difficultés d’accès au crédit.

Sur ce point,  Korotoumou Gariko du collège des femmes rurales du Burkina, cite en exemple en disant : « On demande aux femmes pour avoir un crédit de 1 million, d’avoir un permis urbain d’habiter. Combien d’hommes au Burkina sont prêts à sacrifier leur permis pour leur femme ? Il faut assouplir les conditions pour accompagner les femmes ».

Ces dernières n’ont pas manqué aussi de rappeler des engagements pris par les autorités. « Le 8 mars… ils ont dit qu’ils allaient aider les femmes dans l’entreprenariat. L’entreprenariat, ce n’est pas pour aller donner une calebasse, deux marmites à une femme pour dire qu’elle n’a qu’à produire et être une entrepreneure. Cela demande des moyens » .

Sabine Ouédraogo Compaoré, du comité régional de contrôle citoyen au sahel.

Elles estiment que même les actions actuelles du gouvernement sont minimes « Ce n’est pas que le gouvernement ne fait rien mais nous trouvons que c’est peu. On ne peut pas donner 100 000 F CFA à une femme par exemple  et attendre d’elle d’être des entrepreneures», a laissé entendre Sabine Ouédraogo Compaoré, du comité régional de contrôle citoyen  au Sahel.

De ce fait, elles demandent à ce que les textes en faveur du genre et du genre sensible soient respectés et qu’en appliquant « la femme rurale sente qu’on a fait quelque chose pour elle ».

Même si aide il y a, elle ne sera pas toujours appropriée, juge toujours Sabine Ouédraogo. « Il faut des crédits qui sont adaptés aux femmes et à chaque filière, une femme qui transforme du riz n’a pas le même besoin que celle qui cultive le riz ».

Leur plaidoyer va aussi à l’élargissement des actions en faveur de l’agriculture  à l’élevage et à l’environnement.

Ces dames n’ont pas manqué d’exprimer leur frustration à l’endroit des parlementaires qui ont brillé par leur absence à la rencontre. Une rencontre qui leur était pourtant destinée afin de les interpeller à s’investir dans la formulation et l’opérationnalisation  des politiques publiques en faveur des femmes rurales.

Dix mesures de la campagne « Cultivons » pour un Burkina « sans faim » soumises au gouvernement depuis 2015 par ces femmes attendent toujours satisfaction selon la déclaration de l’organisation.

Revelyn SOME

Burkina24

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