Damiss : « Si on me pousse à bout, je vais parler et des gens vont quitter le pays »

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Dans la matinée du mercredi 10 octobre 2018, le journaliste Adama Ouédraogo dit Damiss s’est défendu à la barre avec parfois, quelques piques à l’endroit de la Transition. La question du « bénéfice » qu’aurait tiré l’accusé en allant au Camp Naaba Koom II dans la nuit du 16 septembre 2015 revenait avec insistance. L’accusé s’est défendu.

« Je ne suis pas à la barre pour être jugé de n’avoir pas écrit un article », a en tout répondu Adama Ouédraogo dit Damiss, le mercredi 10 octobre 2018 suite aux questions persistantes de Me Somé Séraphin, avocat des parties civiles. Celui-ci a, dans ses commentaires, indiqué que ce sont les intérêts privés du journaliste qui l’ont conduit à Naaba Koom II dans la nuit du 16 septembre 2015, puisqu’il n’a pas produit d’articles.

« Je suis journaliste, je connais l’histoire de ce pays »

Damiss a, pour sa part, fait cas d’un acharnement contre sa personne. Donnant plusieurs exemples dont l’attaque du restaurant Cappuccino, l’inculpé indique qu’un journaliste peut récolter des informations utilisables des années après. Pour lui, ne pas écrire un article après son passage à Naaba Koom II n’est pas constitutif d’un grief devant le Tribunal militaire. « Qu’est-ce que j’ai posé comme acte pour consolider le Coup d’Etat ? J’ai aidé qui ? J’ai assisté qui ? », interroge-t-il.

Par moment, l’accusé est revenu sur la période de la Transition et plus précisément à ses débuts. « La société civile a comploté avec le RSP(ex régiment de sécurité présidentielle, ndlr) pour transformer l’insurrection populaire en Coup d’Etat. (…) Si entre temps, ils (les éléments du RSP) ont été trahis par les (Pr Auguste) Loada, (René) Bagoro et (Me Guy Hervé) Kam, ce n’est pas de ma faute ». Plus loin, Damiss prévient : « Je suis journaliste, je connais l’histoire de ce pays. Si on me pousse à bout, je vais parler et des gens vont quitter le pays ».

A ces mots, Me Somé a répliqué que l’accusé profite de son immunité à la barre pour lancer des propos diffamatoires. « Il sait qu’il ne peut pas être poursuivi à travers ses déclarations tenues ici », coupe l’avocat qui propose à l’accusé de faire des écrits à publier dans le journal qu’il tient. « Ecrivez-le dans votre journal si vous êtes, entre griffes, garçon », soutient Me Somé.

Lire — Damiss : « Dites-moi quel acte j’ai posé »

« Ce n’est pas tout ce qu’on connait qu’on écrit. Un journaliste ne doit pas brûler son pays », a rétorqué Adama Ouédraogo qui a brandi devant le Tribunal militaire un document, dit-il, qui contient des relevés bancaires de personnalités qui ont « utilisé l’argent de la Présidence ». « Pendant la Transition, l’argent a circulé. J’ai des preuves ici », a avancé l’inculpé. Me Somé, lui, a souhaité que ces preuves soient publiées dans le prochain numéro du « Le Dossier », le canard d’Adama Ouédraogo dit Damiss.

Ignace Ismaël NABOLE

Burkina 24

There are 2 comments

  1. c’est bien pour la nation .on ne peut pas carresser indefiniment ces putschistes dans le sens des poils et s’attendre a une coopération de leurs part .il doivent payer au plus fort de leurs forfais.damis sait qu’il n’a rien a perdre il joue avec les gens .pour sur on va voir la verite pendant la confrontation.

  2. Parles, déballe tout, nous ne demandons que cela. Après avoir fait la prison tu espère quoi ?
    Ne bluffe pas, ce n’est plus le moment.

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Ignace Ismaël NABOLE

Journaliste reporter d'images (JRI).

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