Projet de création de guichet unique du commerce extérieur : Changement intempestif des dispositifs de contrôle des transactions

Projet de création de guichet unique du commerce extérieur : Changement intempestif des dispositifs de contrôle des transactions

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Ceci est une opinion d’un citoyen sur le contrôle des transactions commerciales.

Agressivité farouche d’une société évoluant dans l’inspection   à travers des tractations sous-terraines pour un forceps en vue de la mise en place d’un  projet de Guichet Unique du Commerce Extérieur (GUCE) qui phagocyterait notre Système de Liaison Virtuelle pour les Importations et Exportations (SYLVIE) ? Sommes-nous tentés de  nous interroger ?  

En effet, on avait le droit de s’en douter jusqu’à peu et jusqu’à ce que nous apprenions par voie de presse  la triste révélation selon laquelle un ministre fait  les mains et les pieds pour l’adoption d’un projet manifestement inopportun.   De quoi en effet, est-il question? Il ressort   qu’un  ministre, mû par une intention suspecte,  aurait concocté avec une société privée   basée en Côte d’ivoire, un avant-projet de création d’un  Guichet unique du commerce extérieur qui n’apporte rien de plus à la fonction   de la plate-forme électronique  SYLVIE (Système de liaison virtuelle pour les opérations d’importations et d’exportations).

En effet SYLVIE, une fierté nationale lancée en février 2016 a franchi le cap du déploiement de sa phase 1 est en pleine expansion  vers un autre niveau de maturité à travers la mise en œuvre de sa deuxième phase qui est, entré autre,  la dématérialisation. L’idée  abracadabrante  de la création d’un guichet unique du commerce extérieur,  comme s’il n’en existait pas un au Faso, nécessiterait l’introduction d’un nouvel opérateur privé. Lequel opérateur privé, semble déjà connu. Ce qui voudrait dire  que SYLVIE risque d’être absorbée par cet opérateur privé  avant de disparaitre totalement au profit de cette structure privée.   

Ayant certainement perçu les lacunes objectives de l’avant-projet, le gouvernement l’a mis au rebut. Mais cela n’a point amené  le  ministre   à renoncer à son projet dont l’inutilité   cache mal des desseins inavoués.     Surtout que  le ministre  en question n’a même pas réalisé qu’il empiétait les prérogatives de sa collègue de l’Economie et des Finances, puisque la solution envisagée prévoit un module d’évaluation des marchandises en vue du paiement des droits et taxes.

Haro sur le trop de tripatouillage des dispositifs de suivi et de contrôle des transactions

La sécurité est la mère et le terreau des affaires. Cela est  un postulat unanimement admis. Toute chose qui explique que le pays soit loin d’offrir un climat serein pour l’efflorescence des affaires. Pas plus de deux ans, on nous conviait aux noces de SYLVIE avec COTECNA pour veiller au bon fonctionnement du couple formé avec les affaires au Burkina.

A coup de millions, les hommes d’affaires furent informés, formés et sensibilisés sur la pertinence et l’intérêt réel de cet outil. Alors que les hommes d’affaires ont commencé à s’habituer et à véritablement s’approprier les mécanismes et les procédures  en place, voici que le gouvernement jette le pavé dans la marre en retirant de la chaine des importations COTECNA avec lequel un partenariat solide et stable existait au profit de la sécurisation des revenus de l’Etat et de la fluidité des transactions commerciales au Burkina.

Et pendant que toute la procédure est désormais plongée dans un dédale inextricable juridico-politique, voici que ce ministre   se trompe  de scène pour produire un scénario ‘’dramatico-comique’’ dont lui seul a le secret.  A qui profitent les changements intempestifs des mécanismes et procédures ? Aux seuls auteurs sans doute ? A quoi profitent les manipulations des systèmes ? A certains intérêts égoïstes qui sont de marbre face au souci de la sécurité des opérations.

Ce grand désordre est aussi  symptomatique de la mauvaise gouvernance économique qui nourrit la déception de ceux qui croyaient voter pour l’expérience lors des élections législatives et présidentielles de 2015. L’incapacité à pouvoir organiser, le manque d’anticipation, les fantaisies, la défaite face à la nécessité de nettoyer les écuries d’Augias sont, entre autres, les marques de fabrique de ce gouvernement  qui mène et entraine inexorablement et tristement le  monde des affaires en bateau. Plutôt tout droit au naufrage !

Ousmane Tapsoba

Economiste planificateur

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B24 Opinion

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