Abdoul Alim Millogo : « Nos bailleurs menacent de nous mettre dehors »

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Les étudiants boursiers burkinabè vivant en Tunisie broient du noir. Les bourses impayées avec pour corollaire les menaces d’expulsion de leurs appartements sont les défis auxquels ils font face depuis plusieurs mois. Pour se faire entendre des autorités burkinabè, ils ont décidé depuis ce mercredi 29 janvier 2019  de « déménager » dans les locaux de l’ambassade de leur pays en Tunisie jusqu’à nouvel ordre. Dans cette déclaration, leur porte-parole Abdoul Alim Millogo lance un cri de cœur aux autorités burkinabè.

Les Etudiants boursiers en Tunisie viennent par la présente décrire les diverses conditions dans lesquelles la bourse leur est envoyée et solliciter au CIOSPB des améliorations.

En tant qu’étudiants boursiers en Tunisie, nous sommes supposés avoir deux bourses : Une Bourse tunisienne (BT) et un Complément de Bourse que l’Etat burkinabé nous octroie trimestriellement pour – comme son nom l’indique – compléter la bourse tunisienne que nous percevons également trimestriellement dans les postes tunisiennes.

Cependant, les réalités derrière chacune de ces bourses laissent souvent à désirer.

La bourse tunisienne qui nous est accordée sur place chaque trois (03) mois et qui était censée résoudre nos préoccupations les plus primaires n’est donnée d’une main que pour aussitôt être récupérée de l’autre. En effet, les nombreuses dépenses obligatoires à la vie à l’étranger telles que l’établissement de la carte de séjour, le transport, l’alimentation et bien d’autres besoins primaires tirent leurs satisfactions de cette bourse qui, du reste, est loin de couvrir nos dépenses. Pire, cette année, le retard qu’elle accuse est insupportable à l’égard de la crise économique que traverse le pays. Les attentes devenues régulières sont longues. Nous n’avons aucune information sur notre sort. Les visages sont crispés. La peur et la tristesse, nos actuelles compagnes, sont générales.

Quant au complément de Bourse que le CIOSPB nous envoie, nous y plaçons nos espoirs pour mener à bien notre vie d’étudiant (dépenser sur ce que la bourse tunisienne n’avait pas pu couvrir). Malheureusement, ce que nous récoltons de nos espoirs placés ne sont que déception et tristesse. Avec les différentes aides (logement, matériels, etc.), ont la particularité de venir trop en retard et la façon dont on nous les transmet est des plus archaïques possibles. En effet, en ce 21ème siècle où tout est rendu facile par les nouvelles technologies, nous, étudiants burkinabé boursiers en Tunisie, sommes encore obligés d’aller percevoir nos bourses qui nous sont données en Euro à l’ambassade avec un retard de plus en plus grand (allant d’un mois à plus). En effet, l’argent envoyé par le trésor burkinabé suit le parcours suivant: du trésor il est envoyé à la BCEAO Ouagadougou puis à celle de Dakar. Ensuite, la Banque de France reçoit la somme avant de l’envoyer à la banque de Tunisie.

Plus grave encore, cette année est la plus malheureuse que nous traversons.

La première tranche de cette année académique 2018-2019, (Octobre-Novenmbre-Décembre) incluant nos trousseaux est finalement arrivée à moitié en novembre alors qu’elle devrait nous parvenir en entier en début octobre. N’eussent été Son Excellence Monsieur l’Ambassadeur et le Trésorier, qui ont joué leurs rôles du reste, à qui nous sommes très reconnaissants d’ailleurs, nous aurions succombé depuis belle lurette. En effet, le trésorier n’y pouvant rien faire, s’est contenté après avoir consulté son Excellence, de nous donner la moitié qu’il avait à sa disposition pour dit-il « décrisper les visages ».

Nous avons joint la directrice du CIOSPB en décembre après de vaines attentes qui nous a rassuré qu’ils sont en train de travailler pour retrouver la moitié de la première tranche afin de nous la restituer. Elle nous a par ailleurs fait savoir que la bourse de janvier à mars était déjà émise dans l’objectif de pallier ce manque. Malheureusement, elle aussi, nous est parvenue ce 29 Janvier 2019 avec un manque encore plus énorme que la dernière.

Les états dans lesquels nous sommes en train de vivre sont très déplorables. Nos bailleurs menacent de nous mettre dehors. Nos quotidiens sont tristes et durs à supporter étant donné que la crise financière dans laquelle évolue la Tunisie ne fait que s’accentuer.

C’est ainsi que le mercredi 30 janvier 2019, vu les moitiés de bourse qui se volatilisent et, ne pouvant rien dire aux autorités tunisiennes, nous avons décidés d ‘effectuer une grève jusqu’à l’obtention du restant des sommes. C’est ainsi que nous nous trouvons présentement à l’ambassade et nous y passerons nos jours et nuits.

Nous rappelons que nous n’y allons pas pour y aller. Nous sommes dans le desarroi total et nous attendons une réaction immédiate du CIOSPB car dans le cas contraire nous ne pourrons en aucun cas honorer la mission pour laquelle nous avons été envoyés en Tunisie.

Nous invitons le CIOSPB à se pencher sur notre sort et à nous venir en aide dans les plus brefs délais.

Cordialement.

Abdoul Alim Millogo                                                                                                                                                      Porte-Parole des étudieants burkinabè boursiers  en Tunisie.

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