Mouvement « Rupture positive » : « Le leader doit avoir le courage de trancher »

Un nouveau mouvement vient de voir le jour au Burkina Faso. « Rupture positive/3R » a été présentée à la presse ce jeudi 11 novembre 2021 à Ouagadougou. Ce mouvement compte mettre fin de façon radicale à une situation qui prévaut en vue d’impulser un changement décisif dans les orientations et les pratiques. 

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Réconciliation, refondation, renouveau (3R) ! Les membres du  nouveau mouvement « rupture positive » disent l’avoir construit pour redynamiser la démocratie et renforcer le système de contre-pouvoir.

Pour Léonce Koné, le président de ce mouvement, en décidant d’inscrire cette démarche sous l’angle de la rupture, « l’idée implique une volonté de mettre fin de façon radicale à une situation qui prévalait antérieurement. Il est clairement admis que l’évolution actuelle du Burkina Faso est très préoccupante. Il y a d’abord la question majeure et angoissante de l’insécurité liée au terrorisme qui progresse », explique-t-il.

Il ajoute que s’ils aspirent à une « rupture positive », « c’est parce que nous voulons qu’elle débouche sur quelque chose de meilleur par rapport à la situation passée et existante, en tirant leçon de l’expérience qu’a traversée notre pays, en mal et en bien ».

Réaction sur la sortie de l’opposition

Ce mouvement politique qui dit être de l’opposition a donné sa lecture sur la sortie du CFOP, sur l’ultimatum d’un mois donné au président du Faso pour apporter du changement. Léonce  Koné, président du Rupture positive/3R, affirme qu’il n’y aura pas d’amélioration de la situation dans un délai d’un mois.

« Je ne pense pas que le chef d’Etat démissionnera d’ici un mois. Nous sommes de l’opposition même si nous ne sommes pas membres du CFOP. Nous sommes naturellement solidaires avec toutes les démarches qui seront engagées  ultérieurement par l’opposition dans le cadre d’une concertation pour faire face à la situation actuelle, à la dégradation de la situation sécuritaire et à l’absence d’engagement réel en faveur de la réconciliation », explique t-il.

Et Aristide Ouédraogo, 3e vice-président du mouvement, laisse entendre que la conférence de presse du chef de file de l’opposition annoncée apparait comme une conférence de presse pour masquer une inaction.

« On sait tous que dans un mois la situation ne va pas s’améliorer. Quand on dit que si dans un mois, la situation ne s’améliore pas, on  fera ceci, cela ; c’est comme si actuellement la situation est acceptable. Est ce qu’elle est acceptable ? Elle n’est pas acceptable. Le leader doit simplement avoir le courage de trancher et avoir l’audace de s’assumer », dit-il.

Lutte contre l’insécurité

Pour le mouvement, la donne a changé, les terroristes qui attaquent le Burkina ont recruté des supplétifs parmi les compatriotes, en donnant à cette crise l’allure d’une guerre civile.

« Certaines localités sont littéralement occupées par des hordes de terroristes. Ils y font régner leur loi au vu et au su de tous, tandis que l’Etat, dont tous les représentants ont disparu, semble avoir abandonné les populations à leur sort ». Le mouvement rupture positive demande, donc, la réintégration de l’ex-régiment de sécurité présidentielle (RSP).

« L’ex-RSP, qui a été démantelé pendant la transition comprenait une unité formée à la lutte anti-terroriste. Certains de ses membres sont en activité dans l’armée, tandis que d’autre purgent la peine à laquelle ils ont été condamnés après la tentative de putsch de 2015. Nous pensons que compte tenu de la situation d’urgence nationale, il est souhaitable d’envisager une réintégration de ce personnel dans la lutte contre le terrorisme« , explique Léonce Koné.

Le mouvement dit être déçu que le parlement burkinabè ne juge pas utile de convoquer une session spéciale pour inviter le gouvernement à s’expliquer sur la dégradation spectaculaire de la situation sécuritaire et sur les mesures d’urgence qu’il  compte prendre pour y faire face.

Saly OUATTARA

Burkina24

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