Jerry John Rawlings : « La relation entre Blaise et Sankara s’est dégradée à cause de leurs divergences politiques »

Le procès sur l’assassinat du président Thomas Sankara et 12 autres s’est poursuivi du côté de la salle des banquets de Ouaga 2000 déguisée en salle d’audience. L’heure est toujours à la lecture des procès-verbaux. Cinq témoins se sont donc succédés ce 5 janvier 2022.

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Natif de Diébougou, Feu Dr Valère Dieudonné Somé, chercheur de profession est le témoin qui a entamé la journée du 5 janvier 2022. Dans la lecture de son PV, il est ressorti qu’il était à l’époque membre du Conseil National de la Révolution, et proche du président Thomas Sankara. Il a par la suite des évènements du 15 octobre rendu public un livre intitulé « Thomas Sankara, l’espoir assassiné » depuis 25 ans maintenant.

Dans le document en question, il est mentionné selon son PV que c’est Hyacinthe Kafando qui avait tiré sur Sankara. Il dit, par ailleurs, qu’il avait croisé une fois en circulation Hyacinthe qui a rectifié que ce n’est pas lui qui avait tiré mais plutôt Nabié Nsoni. A part cette contradiction, Valère Somé soutient que les autres informations contenues dans son document sont justes.

En effet, le témoin toujours dans son PV a signalé que Blaise Compaoré avait une forte ambition de prendre le pouvoir, et qu’il aurait tenté à plusieurs coups de tuer Sankara. Il termine en disant dans son PV qu’il a eu Blaise au téléphone, le 15 octobre dans l’après-midi, après l’assassinat du capitaine Thomas Sankara, qui n’avait pas du tout l’air abattu qui lui a juste demandé où il se cachait et de sortir de sa cachette,  il a donc raccroché et s’est cherché.

A sa suite, vient la lecture du Procès-Verbal de  Zongo Etienne. Aide de camp de Thomas Sankara à l’époque, il a évoqué deux évènements qui confirment à tel point Blaise était « assoiffé » d’éliminer Sankara. Le premier remonte à la date du 4 octobre où il y a avait une manifestation à Tenkodogo à laquelle ils devraient tous participer. Dans ses explications, il était prévu d’assassiner le président Thomas Sankara, lors du trajet et de se diriger à Pô.

Quant au deuxième évènement, il fait cas de l’appel du journaliste de RFI Stephen Smith qui l’a contacté pour lui dire qu’il a appris la mort de Sankara et qu’il voulait la confirmation avant de publier l’info, étant à côté de Sankara, il lui a passé le téléphone pour infirmer sa mort.

Ces deux évènements ont fait les grandes lignes de la lecture de son PV. L’ancien chef d’Etat ghanéen, feu Jerry John Rawlings, le succède. Ami et proche du président Sankara, il lui a été demandé dans son PV  s’il était prêt à livrer les réponses et secrets qu’il partageait avec Sankara, il a répondu par l’affirmative.

Pour commencer, il a rappelé la forte relation qui liait Blaise et Sankara. « Blaise Compaoré et Thomas Sankara étaient de très bons amis depuis leur jeunesse. Ce n’était pas une amitié superficielle comme aller juste boire ensemble. Leur relation s’est dégradée à cause de leurs divergences politiques », a-t-il mentionné dans son PV.

A cela, il explique que Blaise voulait le pouvoir parce qu’il était le numéro 2 pourtant il voulait être le numéro 1. Toujours dans la lecture de son PV, il lui a été demandé s’il a été surpris par le coup d’Etat du 15 octobre 1987. Par là, il réplique en ces termes : « J’ai été choqué, dépassé ».

Par la suite, il a ajouté qu’il a reçu un appel de Kadhafi qui lui a demandé de se rendre à Tripoli pour parler de l’assassinat de Thomas Sankara. A son arrivée, il renseigne qu’il a trouvé Blaise et Kadhafi qui étaient assis autour d’une table. Il a saisi l’occasion pour demander à Blaise s’il est l’auteur de l’assassinat du président Sankara, chose à laquelle il a catégoriquement nié, informe-t-il.

Après la réunion, Kadhafi leur a demandé de sortir pour faire une photo de famille, histoire de montrer aux autres que tout allait bien. A cela, il a répondu « Tu es fou ? Tes puits de pétrole sont montés dans ta tête ?  Sortir faire une photo avec Blaise à coté serait être son complice ».

C’est suite à ces propos que le greffier en chef toujours dans la lecture de son PV a demandé si pour lui le coup d’Etat était le fruit d’un complot international, il a laissé entendre que « cette question peut être posée par des personnes qui ne connaissent pas nos conditions coloniales et néocoloniales. Si vous dites complot occidental, je peux comprendre, mais complot international, non ».

A la suite de l’ancien chef d’Etat ghanéen, les PV de Nordor Kelly et de Kojo Tsikata vont se succéder. Après leur passage, le président du tribunal a ordonné la suspension du procès pour reprendre le lundi 10 janvier avec l’audition de six témoins par visioconférence.

Sié Frédéric KAMBOU

Burkina 24 

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