Ouaga : Le ras-le-bol des étudiants pour réclamer de meilleures conditions d’études

Ce 12 mai 2022, l’Association Nationale des Étudiants Burkinabè (ANEB) a organisé une marche notamment contre les réformes limitant l’accès aux allocations financières (FONER). Le rassemblement a germé à l’université Joseph Ki Zerbo pour enfin prendre forme au ministère de l’enseignement supérieur, où ils ont exprimé leurs mécontentements devant leur premier responsable.

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« En avant, en avant pour l’augmentation du FONER. En avant, en avant pour l’amélioration des conditions de vie et d’études des étudiants », c’est sous ce slogan que les étudiants ont débuté leur marche du mercredi 12 mai 2022.

Prévue pour 7h30 au terrain Dabo Boukary de l’université Joseph Ki Zerbo, les étudiants à cette heure arrivaient à compte-goutte. Des groupuscules sont formés de part et d’autre comme pour voir l’allure des choses avant de se fondre dans la masse.

Quelques minutes plus tard, va sonner l’alarme par un membre de l’ANEB qui va demander aux « à côté » de rejoindre le terrain de la marche pour qu’ensemble ils puissent fédérer leurs énergies et faire bouger les lignes. C’est donc le top départ donné ; ils vont démarrer la lutte dans une ambiance nonchalante.

A 8h 50, les étudiants vont enfin se décider à prendre l’envolée vers le ministère de l’enseignement supérieur où ils comptent exprimer leurs ras-le-bol à qui de droit. C’est parti pour la virée. La circulation est laissée à leur merci. Les usagers avaient de la peine à rejoindre leur destination. Chacun à défaut de se retenir lançaient des injures.

Jusque-là, ces étudiants pensaient être les maîtres des lieux, et rien ne semblait les intimider dans leur démarche. C’était sans compter sur l’intervention des FDS bien sûr. À quelques pas de leur destination, ils seront interrompus par les forces de sécurité qui vont leur bloquer le passage.

Cagoulés et bien armés de gaz lacrymogènes, ces agents de la CRS n’avaient pas du tout l’air de rigoler. Chose qui va freiner les étudiants tant mobilisés dans leur élan. Après quelques minutes de négociation, un terrain d’entente fut trouvé. Les étudiants sont autorisés à passer conformément au passage qui leur sera créé. C’est le lieu pour les étudiants de faire passer leur message.

« Nous refusons de nous laisser chasser de la sorte des universités »

« Monsieur le ministre, de façon autoritaire, vous avez décidé le 21 avril 2022 des nouvelles conditions d’accès aux allocations au FONER. Des décisions dont l’application priverait des milliers d’étudiants de l’aide FONER, pire les enverraient hors des universités. Ces mesures que nous ne saurons accepter sont des mesures anti-étudiantes. Face à nos actions de lutte (grèves, sit-in, etc.), vous êtes restés de marbre, montrant votre ferme volonté d’appliquer les réformes édictées par la Banque mondiale et le FMI au détriment des étudiants, de vos étudiants, vous qui êtes un enseignant, un éducateur. 

Face à cette situation, nous étudiants, nous refusons de nous laisser chasser de la sorte des universités. C’est pourquoi nous avons décidé de marcher ce jour 12 mai 2022 pour exiger : L’abandon pur et simple des reformes du FONER, le paiement sans délai de la première session 2021-2022 du FONER, l’ajout du ticket ordinaire à la digitalisation dans la restauration universitaire », martèle Safieta Kaboré, présidente de l’ANEB Ouaga.

« Le ministère travaille toujours pour le bien des étudiants »

Après ces mots, la présidente de l’ANEB Ouaga va procéder à la remise du discours au directeur général de l’enseignement supérieur, Pr Sado Traoré, représentant son ministre, absent pour faute de calendrier. Celui-ci après réception du discours, a dit accusé réception, tout en rassurant qu’ils travailleront à assurer aux étudiants de meilleurs conditions.

Les manifestants du jour bloqués par les agents de la CRS

« Le ministère travaille toujours pour le bien des étudiants et ça va continuer dans ce sens. Donc, votre message sera transmis à qui de droit. Le ministre aurait souhaité être là, mais il est à la réception des matériels au profit des étudiants. Je pense que vous aurez un retour dans les jours à venir. Je vous exhorte à rejoindre les salles de classe, et sachez que nous serons là pour vous accompagner », a-t-il promis.

« Nous ne pouvons pas être satisfaits par des simples paroles »

Ces mots venant du représentant du ministre ne vont pas du tout panser la plaie de ces étudiants remontés. Des dires de la présidente de l’ANEB Ouaga, ce sont juste des mots qui sont loin d’être des engagements.

« Nous ne pouvons pas être satisfaits par des simples paroles. Le premier élément c’est que ce n’est pas le ministre lui-même qui nous a reçus, dire qu’on va étudier le message n’est pas synonyme de ‘on va satisfaire nos revendications’. Pour nous ce sont simplement des mots du représentant du ministre. Pour nous, rien n’a été dit au niveau des autorités du ministère », insiste-elle.

Safieta Kaboré, présidente de l’ANEB Ouaga

Cependant, les étudiants disent rester sur leurs gardes et vont attendre la réaction du ministère et en fonction de cette réponse, ils vont poursuivre leur lutte si toutefois le retour n’est pas satisfaisant…

Sié Frédéric KAMBOU

Burkina 24

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