Photosa : La jeunesse burkinabè prend l’objectif pour documenter son pays

De la simple prise de vue à la construction d’un récit d’auteur. Après deux semaines d’immersion entre théorie de l’image et exercices de terrain, les bénéficiaires du programme de mentorat de la biennale Photosa ont présenté leurs ébauches de projets à la presse le 16 janvier 2026. Sous l’œil exigeant des formateurs, ces futurs photojournalistes et artistes s’engagent dans un marathon créatif pour documenter le quotidien et le sacré du territoire burkinabè.

Le programme de mentorat ne se contente pas d’enseigner le cadrage ou l’exposition. Sous la houlette d’Adrien Bitibaly, photographe et directeur du festival Photosa, ce mentorat vise à transformer des passionnés en auteurs capables de porter un regard documentaire sur leur société.

La 4e cohorte du mentorat Photosa, unis par l’ambition de documenter le Burkina Faso autrement

Pour Adrien Bitibaly, l’enjeu est avant tout une question d’indépendance narrative. « L’objectif est que cette jeunesse puisse documenter notre Burkina, que ce soient des regards internes, pas des regards externes », explique-t-il.

Au-delà de la technique, les mentorés ont appris à construire une note d’intention et à transformer une histoire personnelle en un récit universel. « Il ne suffit pas de faire que des images, il y a aussi toute une documentation derrière », a précisé le mentor.

Adrien Bitibaly, directeur de Photosa : Permettre à la jeunesse de documenter son quotidien au lieu d’un regard étranger

Les projets présentés témoignent de cette volonté de s’ancrer dans le réel. Yougbaré née Nabaloum Sébatou Fatima, communicatrice pour le développement, a choisi de braquer son objectif sur le quotidien des maraîchères de Tanghin, en s’inspirant du parcours de sa propre mère.

« J’entends illustrer la contribution des femmes à la sécurité alimentaire. Je m’inspire de ma propre mère. Je dois documenter son quotidien dans son jardin, son quotidien à la maison, pour lui rendre hommage », a-t-elle confié.

Yougbaré née Nabaloum Sébatou Fatima détaille son projet sur la résilience des femmes maraîchères

De son côté, Héma Noéla  Macéline, sociologue de formation, explore la question de la libation et le retour des jeunes vers les traditions. « J’aimerais explorer le contour de cette religion traditionnelle, les motivations des jeunes à faire un retour aux sources », a-t-elle détailé.

Emmanuela Macenu expose ses recherches visuelles sur la pratique ancestrale de la libation

La rencontre de  vendredi marque un « contrat moral » devant le public. En pitchant leurs idées, les mentorés s’engagent à aller au bout de leur processus créatif. Dès lors, ils entament une phase d’accompagnement de six mois, mêlant suivi en ligne et sessions de terrain.

Des premières images des mentorés soumises à la critique avant la phase finale de terrain

La formation n’a pas seulement affiné leur technique, elle a changé leur perception. Comme le souligne Robert BATIAN, l’un des participants. « En termes de regard même sur la photo, moi personnellement, ça m’a beaucoup changé. Aujourd’hui, quand je regarde une photo, je suis capable de dire ce que j’en pense avec mes propres termes », a-t-il fait savoir.

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Le dénouement de cette aventure artistique est attendu pour le 30 juin 2026, date à laquelle une exposition itinérante d’un mois révélera les travaux finaux au public burkinabè.

Cette initiative, qui œuvre à la professionnalisation de la jeune garde photographique, bénéficie du soutien stratégique du Fonds de Développement Culturel et Touristique (FDCT).

Akim KY

Burkina 24

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