Cinéma au féminin avec Taafé Vision : 10 projets de films pour briser les silences

Le vendredi 29 mai 2026, dans la salle de projection de l’ABCA dix jeunes femmes, incubées par l’association Taafé Vision, ont présenté leurs projets de courts métrages de fiction devant un public de professionnels du cinéma et d’acteurs de la société civile. Cet exercice de pitch avait pour but de permettre aux autrices de défendre leurs visions, de confronter leurs récits à un regard critique et de recueillir des conseils pour la suite de leurs créations.
Parmi ces jeunes talents, Korbéogo Barkissa a présenté « Le Syndicat des Belles-sœurs », un projet qui explore la force de l’intelligence collective. « Ce film né d’un constat intime veut montrer un système économique basé sur la sororité et la solidarité. Je veux qu’à travers ce film, chaque femme qui dépend de son mari se dise : si elles ont osé, moi aussi », a-t-elle expliqué.

De son côté, Armande Jocelyne Pingdwindé Zabsonré a défendu « Debout », un projet sur la résilience face au handicap où le personnage principal, Maria, se bat pour son autonomie après avoir perdu ses jambes. « Apprenons de nous, à voir le handicap comme non pas comme une tragédie, mais comme un moteur de renaissance», a-t-elle souligné. «Debout» n’est pas seulement une œuvre de fiction, dit-elle, « parce que c’est aussi une manière de transformer les silences intérieurs en messages d’espoir ».

Présent lors de cette séance, le producteur et réalisateur Michel K. Zongo a insisté sur l’importance de cet exercice pour les futures cinéastes. « Ce qui m’intéresse quand il y a un porteur de projet cinéma, c’est l’énergie que les gens ont à défendre leurs projets, à raconter leurs histoires», a-t-il indiqué.

Il a toutefois formulé des recommandations concrètes pour le passage à l’écran. « Il faut retravailler les scénarios et aussi avoir des accompagnants, voilà comme des productions. Ça serait intéressant que des productions s’y mettent», a conseillé le cinéaste.

Ce processus s’inscrit dans le cadre du programme « Artivisme pour un monde plus juste 2 », soutenu par l’ABCA et le Faso Film Fonds. Le projet a débuté le 23 mars 2026 par un appel à candidatures ayant recueilli une trentaine de dossiers, dont 10 ont été retenus pour une incubation complète.

Après une série de formations techniques et une résidence d’écriture du 3 au 9 mai 2026, les autrices ont été préparées pour cet exercice de présentation. Selon Barkima Nafissatou Laguempedo, chargée de projet, l’initiative repose sur une volonté d’affirmation. « Les femmes ne reprochent pas la société. Les femmes s’affirment, tout juste. Elles viennent, elles disent « nous existons, nous voulons que la société compose avec nous», a-t-elle souligné.

Le programme, qui en est à sa sixième promotion, entame désormais une phase d’amélioration des scénarios. Par la suite, trois courts métrages seront sélectionnés pour être produits. Enfin, l’année suivant le tournage sera consacrée à la promotion des films, incluant des séances de sensibilisation et des projections à travers le Burkina Faso jusqu’à fin 2027.
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Akim KY
Burkina 24




