RDC : Près de 64 000 policiers soupçonnés d’être fictifs ou inactifs, des centaines de millions de dollars en jeu

Le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) a engagé un vaste processus d’assainissement des effectifs de la Police nationale congolaise (PNC). Les résultats préliminaires d’un audit révèlent que 63 817 dossiers, soit 40,4 % des 157 886 agents recensés, nécessitent un contrôle approfondi en raison de situations administratives jugées irrégulières ou incomplètes, rapporte le média congolais Bankable.
Ces conclusions ont été présentées lors de la 94ᵉ réunion ordinaire du Conseil des ministres, tenue le 10 juillet 2026 à Kinshasa. Selon les estimations du gouvernement, l’assainissement des effectifs pourrait permettre d’éviter entre 99,84 millions et 233,04 millions de dollars de dépenses par an, soit entre 8,32 et 19,42 millions de dollars par mois.
Les autorités précisent toutefois qu’il s’agit d’une projection basée sur les dossiers identifiés comme prioritaires. À ce stade, rien ne permet d’affirmer que tous les agents concernés sont fictifs ou perçoivent indûment une rémunération. Le contrôle physique annoncé devra précisément permettre de vérifier la situation administrative de chaque policier avant toute décision.
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Le gouvernement congolais a validé le lancement de la phase opérationnelle du contrôle physique, administratif et biométrique des effectifs de la PNC. L’opération débutera à Kinshasa, choisie comme province pilote, avant d’être progressivement étendue aux 26 provinces du pays.
La société Africa Business Agency (ABA) a été retenue pour conduire cette mission, en collaboration avec les services de la Police nationale congolaise.
Prévue pour durer environ six mois, l’opération vise à identifier près de 157 000 policiers grâce à un système biométrique intégrant les dix empreintes digitales, la reconnaissance faciale ainsi que le scan de l’iris des deux yeux. Chaque agent devra disposer, à terme, d’une identité administrative et biométrique unique, d’une affectation validée et d’un historique administratif sécurisé.
Le gouvernement précise cependant que le financement complet de cette opération nationale reste à finaliser. Le coût global du projet n’a pas encore été communiqué.
Une réforme inspirée du secteur de l’Éducation
Cette initiative s’inscrit dans une politique plus large de modernisation des fichiers de la fonction publique congolaise. En 2025, le ministère de l’Éducation nationale avait déjà procédé à un nettoyage de son fichier de paie, permettant, selon les autorités, d’économiser 11 milliards de francs congolais dans la seule ville de Kinshasa grâce à la suppression de doublons et d’agents fictifs.
Les autorités congolaises estiment que la réforme engagée au sein de la Police nationale devrait contribuer à améliorer la gouvernance, renforcer la transparence des finances publiques et optimiser les dépenses de l’État. Les économies réelles ne pourront toutefois être évaluées qu’à l’issue du contrôle physique et biométrique des effectifs.




