Australie : Les touristes qui dépassent leur visa pourront être placés en rétention
L’Australie durcit les conditions de séjour des étrangers. Le gouvernement prévoit de placer en rétention administrative les personnes qui restent dans le pays après l’expiration de leur visa, y compris les touristes. Cette mesure s’inscrit dans un vaste tour de vis migratoire annoncé le 17 septembre 2026 par le ministre de l’Intérieur, Tony Burke, rapporte le soir.
Selon les autorités australiennes, environ 77 000 personnes se trouvent actuellement dans le pays sans visa valide. Le gouvernement entend renforcer les moyens destinés à identifier, placer en rétention et éloigner les personnes dont le droit au séjour a expiré.
Le dispositif prévoit notamment 100 agents supplémentaires chargés du contrôle migratoire et 250 places de rétention supplémentaires. Une ancienne installation de quarantaine à Melbourne pourrait également être réaménagée à cette fin.
Le ministre Tony Burke a expliqué que l’objectif était notamment de rétablir un mécanisme dissuasif qui existait avant 2015. À l’époque, les personnes ayant dépassé la durée de leur visa pouvaient être placées en rétention avant d’être incitées à quitter le territoire.
Vendredi 18 septembre 2026, le ministre adjoint de l’Immigration, Matt Thistlethwaite, a confirmé que les touristes faisant l’objet d’un dépassement de visa pourraient eux aussi être placés en rétention.
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Selon lui, cette mesure doit inciter les visiteurs à respecter les conditions de leur séjour et à quitter le pays à l’expiration de leur visa.
L’Australie prévoit parallèlement de renforcer les règles concernant les visas étudiants et les visas vacances-travail. Le gouvernement veut également limiter les changements successifs de visas permettant à certains étrangers de prolonger leur séjour.
Cette politique suscite déjà des réactions dans le secteur du tourisme. Erin McLeod, directrice générale de l’Australian Tourism Industry Council, estime que la perspective de placer des touristes en rétention pourrait nuire à l’image de l’Australie comme destination touristique.
Le Conseil australien pour les réfugiés a également exprimé des inquiétudes concernant les aspects juridiques et les conditions de détention. Sa directrice des politiques, Rebecca Eckard, a notamment évoqué des préoccupations liées à l’accès aux soins dans les centres de rétention.
Le durcissement intervient alors que le gouvernement travailliste cherche à réduire la migration nette. Celle-ci s’établissait à environ 292 000 personnes sur l’année achevée en mars 2026, tandis que le gouvernement vise 225 000 à l’horizon de l’exercice 2027-2028. Le gouvernement justifie notamment cette orientation par les pressions exercées sur le logement et les infrastructures.
Tony Burke a par ailleurs rejeté l’idée que ces mesures seraient principalement motivées par la progression de One Nation, formation politique qui connaît une hausse de son soutien dans les sondages. Le ministre a plutôt mis en avant la nécessité de mieux contrôler le système migratoire et de répondre aux difficultés liées au logement.




