Gabon : Sous pression de l’OMC, le gouvernement revoit l’interdiction du poulet de chair

Prévue à partir du 1er janvier 2027, l’interdiction totale des importations de poulet de chair au Gabon fait face à une contestation des États-Unis auprès de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Le gouvernement gabonais envisage désormais d’adapter sa stratégie afin de protéger la filière avicole locale tout en respectant ses engagements commerciaux internationaux.
Le projet gabonais de renforcer la production locale de poulet de chair connaît un nouveau développement. Réuni en Conseil des ministres le 18 septembre 2026 à Port-Gentil, sous la présidence du chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema, le gouvernement a examiné la réaction des États-Unis à la mesure envisagée.
Washington a saisi l’OMC pour contester l’interdiction annoncée par Libreville. Cette démarche intervient alors que le gouvernement gabonais entendait mettre fin aux importations de poulet de chair à compter du 1er janvier 2027, dans le cadre de sa politique de souveraineté alimentaire.
Pour les autorités gabonaises, l’objectif est de favoriser l’émergence d’une filière avicole nationale capable de répondre davantage à la demande intérieure. Mais la mesure suscite des réserves de la part de partenaires commerciaux, qui pourraient la considérer comme une restriction aux échanges.
Face à cette contestation, le gouvernement gabonais entend revoir son approche. Plutôt que de s’engager dans un bras de fer juridique avec Washington devant les instances commerciales internationales, Libreville envisage de s’appuyer sur les mécanismes d’exception prévus par les accords internationaux.
Le dialogue bilatéral avec les États-Unis devrait également être privilégié afin de rechercher une issue compatible avec les objectifs de développement de la filière avicole gabonaise.
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Cette évolution intervient dans un contexte particulier pour le Gabon au sein de l’OMC. Le pays accuserait près de 164 millions de francs CFA d’arriérés de cotisations auprès de l’organisation. Cette situation aurait entraîné des restrictions concernant l’accès de la Mission permanente gabonaise à Genève à certains documents et espaces de concertation.
La contestation américaine pourrait ainsi conduire Libreville à revoir le calendrier ou les modalités de l’interdiction envisagée pour 2027.
Parmi les pistes susceptibles d’être étudiées figurent notamment une révision des tarifs douaniers, l’instauration de quotas temporaires ou le renforcement des exigences sanitaires applicables aux importations.
Une telle évolution permettrait au Gabon de poursuivre son objectif de développement de la production locale, tout en tenant compte de ses obligations dans le cadre du commerce international.
Pour la filière avicole gabonaise, le défi reste désormais de renforcer ses capacités de production et sa compétitivité afin de répondre à la demande nationale. La volonté de réduire la dépendance aux importations devra ainsi composer avec les règles qui encadrent les échanges commerciaux internationaux.




