Lucien Bembamba aux agents du ministère des finances : « Evitons la courte échelle »

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Le ministre de l’Economie et des finances, Lucien Marie Noël Bembamba, a initié ce mercredi un dialogue « face to face », direct  avec toutes les catégories d’agents de son département. Ces derniers sont venus sans leurs premiers responsables expliquer leurs problèmes. Contexte oblige, le ministre a demandé à ses agents d’éviter la courte échelle et de ne plus faire de la corruption, un sujet tabou dans le département.

C’est du face à face que le grand argentier du Burkina a voulu faire avec ses agents, et ce, du plus haut cadre au chauffeur. « Quand vos premiers responsables sont là, vous ne parlez pas », a-t-il dit pour justifier leur présence au Centre cardinal Paul Zoungrana sans leurs directeurs généraux.

Une stratégie de communication qui doit permettre au ministre de donner des informations sur le fonctionnement du département et de recueillir les préoccupations des agents. Mais d’emblée, le ministre a expliqué que trois défis sont à relever par le ministère afin d’atteindre les objectifs de la SCADD, des usagers et des partenaires.

« Ce n’est pas parce que c’est la Fonction publique qu’il faut faire n’importe quoi ! »

Le premier défi, a-t-il dit, est le traitement diligent des dossiers. Lucien Bembamba a relevé que le ministère fait l’objet de critiques à ce niveau. Il a alors demandé aux agents de traiter les dossiers dans les délais et avec de la qualité.

Le ministre des Finances a rencontré directement les agents du département qui gère l’argent du Burkina (Photo montage Burkina24)

Le second défi est lié aux relations avec les partenaires et les usagers du département. « Ce n’est pas parce que c’est la Fonction publique qu’il faut faire n’importe quoi ! », a-t-il martelé. Bembamba a suggéré que les usagers soient traités maintenant comme des clients.

Lutter contre la mauvaise réputation du ministère

Dans un contexte marqué par la prise de grandes mesures contre la corruption, le ministre de l’Economie et des Finances a lancé pratiquement un plaidoyer auprès de ses agents et a collé le qualificatif de « très important » au défi de la bonne gouvernance dans le département. Il a relevé qu’en matière de corruption, le ministère est indexé. Il a même fait cas de ces fameux « cailloux sur dossier » si populairement connus.

« La corruption ne doit plus être un sujet tabou »

Alors, il a sollicité aux agents de corriger cette sale renommée.  Il faut en parler et en discuter, pour commencer. « Il faut avoir le courage de parler (…). La corruption ne doit plus être un sujet tabou », a insisté le grand argentier. Et de prodiguer des conseils : « Evitons la courte échelle (…) ». Il reconnaît que la tentation est forte, mais a demandé d’y résister, sinon, « éternellement, vous serez anxieux ».

Pour aider à faire passer ces trois pilules, le ministre a annoncé des mesures d’accompagnement. Notamment la formation et le recyclage des agents. « Je rêve d’une élite au département », a-t-il émis, afin d’éviter de chaque fois recourir à des « experts » externes. Le ministre a dit aussi penser à l’amélioration des conditions de travail, plus précisément les locaux et une dotation en kits minimums d’outils de travail. Enfin, concernant la « motivation » des agents, Lucien Bembamba a réitéré son « engagement » à garantir le mieux dans la mesure des « moyens disponibles ».

Tout cela a un prix

Les agents ont apprécié l’initiative de communication et les doléances qu’ils ont exprimées sont surtout en rapport avec les locaux et les équipements de travail, l’assurance d’avoir un logement, l’assurance-santé,  le comportement exemplaire des premiers responsables, etc. A leur avis, le traitement diligent des dossiers  et la résistance à la corruption sont aussi à ce prix.

Il y a 1 commentaires

  1. C’est une bonne initiative, mais comme le poisson pourrit toujours par la t?te en descendant, il va falloir commencer de faire le m?nage depuis le haut en descendant vers l’employ? lambda de bas ?tage…

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Abdou ZOURE

Abdou Zouré est le rédacteur en chef de Burkina24.

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