Sociétés privées de sécurité: vers un assainissement d’un secteur pourvoyeur d’emplois

Le contrôleur de police Lazare Tarpaga, chef du bureau des activités de sécurité privée. © Burkina 24
Le contrôleur de police Lazare Tarpaga, chef du bureau des activités de sécurité privée. © Burkina 24

Le ministère de la sécurité veut assainir le secteur des sociétés privées de sécurité et renforcer la collaboration avec les promoteurs. Ceux-ci ont été rencontrés par le chef du Bureau des activités de sécurité privée, le contrôleur de police Lazare Tarpaga, représentant le ministre Jérôme Bougma, qui a porté à leur connaissance des mesures d’accompagnement mais aussi un rappel à l’ordre pour ceux d’entre eux qui ne respectent pas la réglementation.
Les sociétés privées de sécurités sont des partenaires importants dans la couverture sécuritaire et c’est pour cette raison que le Ministre de la sécurité veut renforcer la collaboration avec les promoteurs, et assainir ce secteur qui emploierait environ plus de 17 000 personnes.

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Pour le ministère, tout passe d’abord par l’accompagnement de ces sociétés organisées autour de structures faîtières et d’une assemblée générale. La dernière, tenue en avril 2012, a pris d’importantes décisions, notamment la fixation à 75 000 francs Cfa de l’offre commerciale minimale de prestation de service de sécurité, afin de pouvoir payer aux vigiles un salaire au moins à hauteur du SMIG, soit 39 245 fr CFA.

Selon les chiffres du ministère, il y aurait environ une cinquantaine de sociétés (parmi plus de 200 qui exercent en ce moment au Burkina ) qui ne respectent pas encore cette décision entrée en vigueur le 1er mai 2013. Ces sociétés pourraient voir leurs autorisations retirées, a laissé entendre le contrôleur de police Tarpaga. De même, le ministère de l’Économie a été invité à rejeter, dans le cadre des marchés publics, toute offre qui se ferait en dessous de 75 000 fr CFa pour une prestation.
Pour leur part, des promoteurs présents à la rencontre ont reconnu que certaines sociétés cassent les prix et souhaité que la situation soit rapidement redressée.

Les sanctions pécuniaires, une pratique dénoncée par le ministère

Le ministère de la sécurité a entrepris des démarches pour toucher tous les ministères dont le concours est nécessaire pour la mise en oeuvre des décisions de l’assemblée générale, ainsi que de recommandations qui concernent la révision de l’assiette fiscale et la négociation d’une convention sectorielle applicable aux sociétés privées de sécurités.

Pour le Contrôleur de police Tarpaga, les sociétés privées de sécurité devraient pouvoir permettre à leurs employés de mener une vie digne, et éviter qu’ils ne tombent dans le vice. C’est d’ailleurs pourquoi, l’autre point essentiel de la rencontre a été la dénonciation par le ministère de certaines sanctions administrées à des vigiles, sanctions jugées « à effet pervers » par le contrôleur de police. Il s’agit des retenues sur salaire, sanctions très fréquentes et qui « sont de nature à déstabiliser [les vigiles] au point de les faire tomber dans un tel état d’indigence qu’ils deviennent des sources d’insécurité » selon le contrôleur de police. « De concessionnaire de sécurité on peut passer à source d’insécurité, à cause d’une sanction » a conclu le contrôleur de police Tarpaga, qui a invité les promoteurs à trouver d’autres formes de sanctions.

Séraphin Yameogo, patron de Sarto protection. © Burkina 24
Séraphin Yameogo, patron de Sarto protection. © Burkina 24

La pratique de ces sanctions n’a pas été démentie par les promoteurs, certains estimant même que les sanctions pécuniaires ne peuvent pas être évitées, ne serait-ce que pour abandon de poste ou dans le cas de sommeil absolu. « C’est difficile de payer quelqu’un dans ces situations. Même dans le droit du travail, on ne peut pas payer quelqu’un qui ne travaille pas » a rétorqué Séraphin Yameogo, patron de De Sarto protection. Du reste, les promoteurs entendent travailler de concert avec le ministère de la sécurité et tous les autres services concernés pour définir les circonstances et les formes de sanction efficaces.

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Justin Yarga

Journaliste web qui teste des outils de Webjournalisme et datajournalisme, Media strategy consultant.

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Un commentaire

  1. Merci Mr le ministre de la securit? pour l’interet que vous portez a l’endroit des agent de securit? priv?s appell?s VIGILE dont la population s’interesse peu. Je suis un agent de securit? dans le priv? au Burkina et je vais vous dire que la societ? j’ai servi durant 3 ans me refuse un pret,les tenues se fatigu?…on travaille dans l’insecurit? totale a laquelle notre vie ne prime aux yeux de nos employeurs qui ne pensent qu’a leur chateaux luxieux,grosse cylindr?s en fesant le tour des maquis le jour comme les nuits. Sarto securut?,pourquoi reagissez vous par rapport aux coupures de salairs des vigiles,votre reaction laisse deja comprendre tout…!!!!. J’ai un niveau de la classe se Tle D,alors vous allez me dire que c’est parce que je connais rien que je n’ai reussi a un emploi de la fonction public…? Ou bien je suis malheureux..? .Etre vigile c’est une responsabilit? qui peut conduire au sucide du moment ou ton entourage te denigre. Mr le Minitre sa me rejouit de vous dire ceci;les societ? priv?s en securit?s dans notre sont desordonn?es,desorganis?es,demobilisante mais et surtout degradantes a l’endroit de la securit? a l’image du pays.

    Voici en gros les quelque mots que je tenais a ajouter a votre sujet sur la securit? priv? pays des hommes integres,ma patrie que j’aime tant. Que dieu benisse notre chere PATRIE. Cordialement  » [email protected]  » Agent de securit? ? ……..

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