Burkina : Kom Yilma ou de l’hygiène en milieu scolaire

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Après la première phase qui a permis d’« observer des changements significatifs » de comportement chez les élèves et dans les ménages, la fondation The Leona M. and Harry B. Helmsley Charitable Trust augmente son appui à travers le Catholic Relief Services (CRS). L’organisation a reçu un financement de $ 5 099 999 (2 549 999 500 de francs CFA) pour impacter la vie  de 47 578 élèves et de leurs communautés.

C’est parti officiellement  pour Kom Yilma 2 (enfant propre, en bonne santé). A terme en  mars 2020, il est attendu la réalisation de 57 forages à motricité humaine, 120 blocs de latrines dont 81 pour filles et 14 blocs pour les écoles maternelles, la fourniture à chacun des 237 écoles primaires et maternelles d’un dispositif de lavage de mains en groupe dans les provinces du Bam et du Sanmatenga dans la région du Centre-nord.

Dans le village de Boré, situé à une dizaine de kilomètres de Kaya où le ministre de l’éducation nationale a lancé officiellement la phase 2, Kom Yilma, au cours de sa phase 1,  a touché 12 écoles de la commune de Boussouma et a réalisé 4 forages et 4 blocs de latrines dans lesdites écoles. Pour la phase 2, 7 nouvelles écoles seront couvertes, 3 nouveaux forages et 10 blocs de latrines y seront réalisés.   « Au-delà des réalisations physiques, capitalise le maire Karim Ouédraogo, les changements de comportements dans les écoles et mêmes dans les villages, l’engagement de la communauté scolaire pour améliorer les conditions dans les écoles sont marquants ».

Il n’est pas seul à percevoir cet aspect du projet.  Pr Stanislas Ouaro, ministre de l’éducation nationale, s’est focalisé sur les formations dont bénéficient enseignants et élèves dans le cadre de Kom Yilma. « Au-delà de ces infrastructures, observe-t-il,  il y a l’aspect sensibilisation et formation de formateurs. Cela est très important. Ça permet en même temps de former des enseignants qui vont à leur tour former des élèves qui vont à leur tour contribuer à impacter leurs communautés à travers de bonnes pratiques ».

Des bonnes pratiques sont en effet nées à la suite de la phase 1 du projet. Ainsi, informe Augustin Ouédraogo, directeur de l’école de Boré, pour que le point d’eau soit pérennisé, la communauté a procédé à l’ouverture d’un compte aujourd’hui crédité de 125 000 F CFA. De l’argent à utiliser « en cas de panne » pour procéder à la réparation. L’enseignant sait qu’en limitant son champ d’action à l’école, elle ne serait pas plus qu’une goutte d’eau dans la mer.

D’où son anticipation. « Pour que nos objectifs soient vraiment bien atteints, réalise Augustin Ouédraogo, il ne suffit pas seulement que les enfants aient les bonnes habitudes à l’école. Ils ont quitté des familles pour venir à l’école ». Le directeur d’école s’assure conformément à l’esprit du financement que les élèves aient les mêmes attitudes aussi bien dans la cour de l’école que dans leur famille respective.

Membre du projet Kom Yilma, elle fait découvrir au ministre de l’éducation nationale le paquet de documentation incluant la gestion des menstrues

Focus sur la gestion des menstrues, source d’abandon scolaire

La promotion de la gestion hygiénique des menstrues pour les adolescentes avec implication effective des communautés (scolaires) est largement prise en compte par la construction de salles de rechange. Adolescente, l’élève Ouédraogo Salamata n’en demandait pas plus. Elle a fait part de sa joie et de celle de ses camarades d’école.

« Nous sommes contents de recevoir deux blocs de latrines,  une cabine de rechange pour les filles et un forage. Avec la réception de ces infrastructures, nous avons de l’eau sûre et les filles ne souffriront plus dans la gestion de leurs menstrues. Elles ne seront plus une cause d’abandon des filles à Boré », dit-elle.

Moussa Dominique Bangré,  le représentant résident de CRS, organisation qui accompagne le ministère de l’éducation depuis 1962 pour l’accès et l’amélioration de la qualité de l’offre éducative, mesure pleinement l’ampleur de ce qui découle de la gestion des menstrues. Dans les écoles pilotes, Catholic Relief Services a veillé à la formation de femmes mentors qui aident les adolescentes. « Ce projet qui est à sa deuxième phase vient compléter ce que nous sommes déjà en train de faire (Beoog Biiga ndlr). Kom Yilma vient donner l’accès à l’eau potable aux élèves et permet ainsi d’éviter des maladies et d’améliorer les rendements scolaires », note-t-il.  

C’est un ministre de l’éducation comblé qui a tenu à tenir la main de Ouédraogo Salamata pour lui souffler des mots d’encouragement. Le Pr Ouaro ne cache pas en effet sa satisfaction face aux résultats obtenus et attendus qui auront « un impact significatif sur l’éducation des filles en particulier car réduisant les absences liées aux maladies et à la gestion des menstrues et contribuant ainsi à une meilleure réussite scolaire. »

Oui KOETA                                          

Burkina24

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