Accès des petits exploitants agricoles aux crédits : Cap sur l’inclusion financière

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Œuvrer pour l’accès des petits exploitants agricoles  aux crédits, c’est miser sur l’inclusion financière et plus de productivité et l’atteinte de l’autosuffisance alimentaire. Le  Centre de recherches pour le développement international (CRDI Canada), l’organisation Desjardins développement international (DID), l’Institut de l’environnement et de recherches agricoles (INERA), le Réseau des caisses populaires du Burkina (RCPB) et l’Université de Laval ont uni leurs forces pour implémenter le projet «services financiers et déploiement d’innovations agricoles au Burkina Faso ».

« Les résultats obtenus s’avèrent prometteurs », s’enthousiasme Gérardo Almaguer, directeur principal financement agricole et sécurité alimentaire à DID Canada. Ces résultats augurent des lendemains meilleurs et plus d’engagement de la part des différents partenaires ayant participé à l’implémentation du projet. « On va continuer à supporter les appuis du secteur de l’inclusion financière au Burkina avec les Caisses populaires pour le développement du secteur agricole », a annoncé Gérardo Almaguer. Des réflexions seraient déjà en cours dans ce sens.

« Lorsque la femme a des revenus, elle s’occupe bien de la famille »

Le projet, rapporte Kathryn Touré, directrice du bureau régional d’Afrique subsaharienne du CRDI, a démontré que les services financiers sont importants certes, mais en plus des services financiers, il faut une approche de proximité envers les fermiers, les foyers pour que ces ressources financières puissent être utiles.

Sa mise en œuvre a permis d’améliorer la vie de 500 productrices de niébé dans les quatre provinces (Nahouri, Passoré, Sissili, Zandoma) par l’allègement du travail au travers d’une batteuse vanneuse multi fonctionnelle qui élimine le travail fastidieux des femmes pour traiter le niébé après sa récolte.

« Les résultats obtenus s’avèrent prometteurs »

A travers le champ d’action 3 de sa Politique d’aide internationale féministe adoptée en juin 2017 et intitulée  « la croissance au service de tous », le Canada accorde une attention particulière à la femme, singulièrement à la jeune fille.

«La croissance agricole est jusqu’à 3,2 fois plus efficace en matière de réduction de la pauvreté»

Tout cela parce qu’ « il a été démontré que ’’lorsque les femmes sont en mesure d’exploiter leur plein potentiel économique – que ce soit à ce titre de productrices agricoles, d’employées,  d’entrepreneures ou de dirigeantes d’entreprises – les économies prospèrent et les retombées de cette croissance touchent plus de personnes’’ », défend Edmond R. Dejon Wega, ambassadeur du Canada au Burkina Faso. Démonstration partagée par Dr Amos Minoungou de l’INERA qui note que « lorsque la femme est aidée, lorsque la femme a des revenus, elle s’occupe bien de la famille ».

Le diplomate canadien se fonde sur les travaux des chercheurs Luc Christiaenesen, L Demery, J. Kuhl qui dans leur ouvrage « The (Evolving) Role of agriculture in poverty reduction » (2010) indiquaient que « la croissance agricole est jusqu’à 3,2 fois plus efficace en matière de réduction de la pauvreté que la croissance non agricole dans les pays à faible revenu ».

Et « au Burkina Faso où elle (agriculture) contribue à près du tiers du produit intérieur brut, relève l’ambassadeur Wega, la pertinence des objectifs poursuivis par ce projet reste une évidence, plus encore, c’est une nécessité ».

«Une solution optimale pour la croissance économique »

Le Réseau des caisses populaires du Burkina (RCPB) sert d’intermédiaire entre les exploitants agricoles et les fournisseurs de produits et services en assurant la partie financière. Daouda Sawadogo, directeur général de la faitière des Caisses populaires du Burkina, explique d’où tout est parti: « ce que nous constatons, les innovations développées ne sont pas mises en œuvre, faute de financement, d’accompagnement ».

’’Lorsque les femmes sont en mesure d’exploiter leur plein potentiel économique, les économies prospèrent’’

Alors qu’avant la production, les agriculteurs ont besoin d’intrants, de semences.

En effet, l’absence de ressources financières pousse certains à brader le peu qu’ils ont en réserve en cas d’urgence.

Alors que « s’il y a un mécanisme qui permet d’avoir de l’argent pour subvenir à des besoins en attendant que les prix soient meilleurs, ça c’est important », observe Daouda Sawadogo.

L’ambassadeur Wega, qui a présenté ses lettres de créances le 6 décembre dernier, semble bien imprégner de la situation existante qui peut être appréhendée au travers d’une approche holistique combinant financement, recherche, renforcement des capacités et de développement des chaines de valeur.

Ce qui représente selon lui « une solution optimale pour la croissance économique ».

Oui KOETA

Burkina24

Oui Koeta

A @burkina24 depuis mars 2015, je me suis spécialisé NON SANS PLAISIR à l'analyse au quotidien des discours et déclarations des politiques burkinabè. Merci de faire partie de nos lecteurs.

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