Mandela Washington Fellowship : Bientôt l’envol pour les 10 Burkinabè sélectionnés

Dix, c’est le nombre de Burkinabè sélectionnés et qui participeront cette année au Mandela Washington Fellowship aux côtés des six cent quatre-vingt et dix autres Africains en provenance de quarante et huit pays du Sud du Sahara.  

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« Le futur du Burkina », c’est ce que représentent pour Daniel Mark, directeur des affaires publiques de l’ambassade américaine, les quatre femmes et six hommes en attente de prendre leur envol pour les Etats-Unis d’Amérique pour un séjour de six semaines. Avant le départ de ceux qui ont été retenus à l’issue du processus de sélection « très rigoureux », il pense déjà à leur retour «  au Burkina pour faire le futur ici plus brillant ».

Son enthousiasme est partagé par Leila Ouédraogo Thiam, coordonnatrice du programme YALI à l’ambassade américaine. Sur les quelque 4 000 applications, ils ont dû se contenter de sélectionner « les plus compétitifs », ceux et celles « qui impactent quotidiennement, mettent des actions en œuvre dans leurs communautés, créent leurs entreprises » pour qu’ils aillent représenter le Burkina. Les postulants au programme sont invités à « parler couramment l’anglais », car « ça, c’est vraiment une condition (sine qua none ndlr) », relève la coordonnatrice.

Dans le contexte national actuel, « il faut du leadership »

Herman Zampou, médecin généraliste. Le Mandela Washington Fellowship est « d’abord plutôt excitant » pour ce jeune homme « beaucoup curieux d’apprendre, excité à l’idée d’aller découvrir, de voir ce qui marche ailleurs et comment on peut appliquer ça ici chez nous en l’adaptant bien sûr ». Et pas seulement. Il y a de la réciprocité dans le processus. « Nous faisons des choses qui marchent très bien et que nous pouvons revendre », note le jeune médecin.

Son collègue Hien Sandrine, médecin généraliste est en exercice à Bobo-Dioulasso.  Sa sélection, elle ne la capitalise par pour elle « seulement » mais également pour son pays, notamment l’établissement sanitaire dans lequel elle officie. « J’aurai à rencontrer des jeunes de divers horizon. Ça me permettra de recevoir d’eux. Ce qui à mon  retour sera bénéfique pour mon pays ».

Blaise Traoré est médecin spécialisé en santé internationale, gestionnaire de projets senior à Catholic relief services (CRS). Il dit avoir là, « une très bonne occasion » de renforcement de ses capacités qui du reste s’inscrit en droite ligne avec ce qu’il fait déjà dans son aire de projet.

Le contexte national est marqué par des états d’esprit qui se révèlent dans la population, des façons de penser, des façons d’être « qui sont assez différentes de ce que nous avons connu de par le passé, de ce que nous avons connu de par le Burkina d’avant », caricature-t-il. Pour Blaise Traoré  du travail doit être fait pour « endiguer cela afin qu’on puisse avoir une stabilité où les gens travaillent ensemble de façon unie pour atteindre le même objectif, plutôt que ce soient des questions d’intérêts personnels ». Pour l’atteinte de ce but, affirme-t-il, « il faut du leadership ».

Joël Roamba, ingénieur de génie rural en service au ministère de l’eau et de l’assainissement est directeur provincial de l’eau et de l’assainissement de la province de la Gnagna où l’accès à l’eau potable reste un défi à relever avec 57,7% de taux d’accès dans la province. Un taux qui fait partie des faibles taux d’accès au Burkina. Il aura droit à une formation en public management. Il annonce qu’il ira « beaucoup [se] concentrer sur toutes les questions en rapport avec l’eau et l’assainissement dans ce pays qui n’a plus de difficultés dans ce domaine ».

« Ramener le secret (des USA) ici »

Stéphane Bougouma est entrepreneur. Il dirige UMAO une Sarl qui offre des solutions technologiques dans l’agroalimentaire, l’énergie et des services et qui est spécialisée dans l’agroalimentaire notamment dans la modernisation des produits locaux. « Nous faisons du dolo en bière moderne  et en pression. Nous venons de développer une brasserie artisanale à base de sorgho. Une vraie bière burkinabè », décline-t-il. Avec sa formation de base d’agro-alimentaire, Stéphane Bougouma confie avoir été «  toujours choqué » lors de ses voyages à l’étranger.

« Quand vous allez aux Etats-Unis, observe-t-il, vous voyez des produits alimentaires américains, vous allez en France, vous avez des produits alimentaires français. Vous allez en Chine, vous voyez des produits chinois ». A l’inverse, « vous venez au Burkina, vous voyez des produits américains, chinois, français. Tout, sauf des produits burkinabè ».

C’est là d’où est parti le déclic de passer à la modernisation de ce que nos parents faisaient et qui semble ne pas être adapté. Il suffit pour cela, selon lui de leur reprendre, leur remettre des techniques modernes pour pouvoir présenter les produits qui créent une chaine de valeur ajoutée nationale et qui permettent aussi aux citadins de renouer avec des produits traditionnels qu’ils aiment mais dans de meilleures formes pratiques pour le marketing, pour la distribution, une meilleure hygiène.

Avant son départ pour six semaines  d’apprentissage et de découverte, Stéphane Bougouma qui trouve que « c’est toujours 200% positif de voir comment dans un autre pays comme les Etats-Unis ils règlent leurs problèmes et comment ils arrivent à créer leurs chaines de valeurs », se projette déjà dans le futur et pense  à « ramener le secret ici ». Le secret, il le découvrira entre les cours à prendre à  l’université d’Austin dans le sud des Etats-Unis en business et de l’entreprenariat.

Ces dix partants pour les USA feront partie des quelques 300 alumnis de « l’ambassade (qui) a toujours des financements pour des petits programmes pour faciliter le travail et mettre en place ce qu’ils ont appris aux Etats-Unis ».

Le Mandela Washington Fellowship (MWF) est l’activité phare du programme Young African Leadership Initiative (YALI) lancé par l’ancien président américain Barack Obama. Il vise à habiliter les jeunes à travers des cours théoriques, une formation au leadership et le réseautage et qu’ils soient de l’administration publique, du monde du business et de l’entreprenariat et de l’engagement civique.

Oui Koueta

Burkina24

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Oui Koueta

'The vitality of a country can also be measured through that of its journalists'

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