Lota : « Je suis le second qui reçoit le plus de visites derrière le général Diendéré »

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A la barre le vendredi 5 octobre 2018 pour la reprise de l’audience, Abdoul Karim Baguian dit Lota, commerçant et militant du Congrès pour la démocratie et progrès (CDP) ancien parti au pouvoir, est resté fidèle à ses déclarations. Poursuivi pour les faits de coups et blessures et dégradation volontaire aggravée de biens, l’accusé a reconnu les faits « à moitié ». Pour les faits de coups et blessures volontaires, il s’assume. Mais de ce qui est de la dégradation des biens, il la réfute catégoriquement.

L’accusation s’appuie principalement sur deux faits dans lesquels est impliqué Abdoul Karim Baguian dit Lota pour attaquer l’inculpé. Il s’agit de l’incendie du domicile de feu Salifou Diallo le 18 septembre 2015, et de sa participation à la bastonnade de Nicolas Kaboré, à l’Hôtel Laïco le 20 septembre de la même année. Si pour le second fait l’accusé Baguian dit Lota avoue sa participation, une vidéo est brandie et le confond, il n’en est pas ainsi pour le premier.

A l’Hôtel Laïco, l’accusé indique y avoir fait le déplacement « sur initiative » pour soutenir son parti, le Congrès pour la démocratie et progrès (CDP), qui participait à la négociation avec les médiateurs de la CEDEAO. De la bastonnade qui s’y est passée, l’accusé a présenté à plusieurs reprises ses excuses à la victime. « C’est vraiment regrettable. Je ne sais pas pourquoi j’ai donné des coups à Monsieur Nicolas Kaboré », déclare le prévenu.

Malgré ces déclarations, le Parquet est revenu à la charge quant aux motivations qui ont conduit M. Lota à l’hôtel. « Laïco est un lieu de loisir et tout Burkinabè peut y aller », soutient l’accusé. La réponse du Parquet n’a pas tardé : « Quand on va dans un lieu de loisir, ce n’est pas pour faire la bagarre ». En dépit des insistances du procureur militaire, l’accusé se retient et, encore, demande pardon à la victime bastonnée. « Merci Monsieur le président, mais pour la première fois, je ne vais pas répondre à la question de Monsieur le procureur », finit par lancer Abdoul Karim Baguian dit Lota.

Concernant l’incendie du domicile de feu Salifou Diallo, d’abord, la date pose problème. Selon l’accusé Lota, il serait allé chez feu Salifou Diallo le 17 septembre et non le 18 septembre 2015 pour « négocier la libération » de deux camarades arrêtés par le personnel de maison pour avoir tenté d’incendier ledit domicile. Mais à en croire des témoins, ce serait Abdoul Karim Baguian qui a conduit ‘’le commando’’ qui a procédé à l’incendie et au pillage de la résidence, le 18 septembre 2015.

En réponse à l’accusation de dégradation volontaire aggravée de biens, l’inculpé a ensuite indiqué que les témoins qui l’accablent « ont été montés » pour le nuire. « Dans cette affaire, c’est des gens qu’on a monté. Pourquoi après l’incendie ils ne sont pas allés à la gendarmerie pour poser plainte et c’est après mon arrestation qu’ils sont venus ? (…) Il y a eu beaucoup de mains noires dans mon dossier », dit-il.

Son avocat, Me Latif Dabo emboitera les mêmes pas en faisant remarquer que des accusés au départ sont revenus comme témoins contre son client Lota. « Une personne ne saurait être inculpé et témoins », soutient Me Dabo qui fait référence à un des témoins en l’occurrence Hamidou Nikièma. Celui-ci a même été détenu dans le cadre du procès du Coup d’Etat, rappelle l’auxiliaire de justice.

Abdoul Karim Baguian dit Lota lors de son audition a révélé que les faits d’accusation d’incendie de la demeure de feu Salifou Diallo est une cabale contre sa personne car il a toujours été direct dans ses prises de positions. « J’ai toujours assumé mes positions, mais je ne suis pas une tête brûlée. Je ne suis pas méchant », avance-t-il. Il relate avoir toujours été une personne « humble » si fait qu’il aurait reçu « plus de 800 visites » depuis son incarcération à la Maison d’arrêt et de correction des armées (MACA). « Je suis le second qui reçoit le plus de visites derrière le général Diendéré. Cela est dû à min humilité », soutient le prévenu.

L’audience de ce vendredi a été suspendue après la présentation de l’accusé Nanéma Ousseini Faïsal à la suite de la fin de l’audition d’Abdoul Karim Baguian dit Lota. Nanéma Ousseini Faïsal, civil, est poursuivi pour les faits de complicité de dégradation volontaire aggravée de biens et de recel. Il a nié les griefs à lui reprochés. La séance reprend le lundi 8 octobre 2018.

Ignace Ismaël NABOLE
Burkina 24

There are 1 comments

  1. Un procès peut en cacher un autre. Il y a le procès de ces faux types et autres ‹‹ chercheurs de pouvoir ›› ; c’est bien qu’ils soient jugés; mais l’autre procès, c’est ce qui se passe au Niveau National, au niveau sécuritaire je veux parler.
    Un dicton sénégalais dit je cite:  » ce sont dans les situations critiques qu’on reconnaît ses vrais amis »
    Où sont ces amis du Burkina ? Où est cette France qui a colonisé le Burkina Faso, qui a participé( si elle en n’est pas l’instigatrice ! ) à l’assassinat de Thomas Sankara à cause de ses intérêts au Burkina Faso?

    Où est l’ONU l’Organisation des Nations Unies est-elle une organisation des Nations unies ou bien un machin à la De Gaulle?
    Ainsi après le Nigéria, le Niger et le Mali, la Nébuleuse Mondiale des Armuriers et Leur acolytes dans les pays victimes, sont en train d’étendre Leur tentacules sur le Burkina Faso, un pays qui n’attend rien de qui que ce soit, un pays qui croit aux durs labeurs, à l’agriculture et à l’élevage rien que cela depuis la nuit des temps pour subvenir à ses besoins primaires.
    Le donneur d’ordre du nouvel ordre mondial n’a-t-il pas que l’irréparable se produise avant qu’ils essayent d’ ( ‘intervertir pour ne pas dire ) intervenir avec de longues phrases de soldat sinon des casques bleus qui vont venir semer la pagaille et le bordel comme ils le font un peu partout sur le continent africain. Attention il est grand temps pour pour que des Burkinabè, ceux qui dorment se réveillent. attention !

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Ignace Ismaël NABOLE

Journaliste reporter d'images (JRI).

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