Hausse du prix du carburant : « Il n’y a pas de quoi fouetter un chat » (Guy Ouédraogo)

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Le conseil des ministres du jeudi 8 novembre 2018 a annoncé l’augmentation du prix des hydrocarbures à la pompe pour compter du 9 novembre 2018. Cette augmentation de 75 FCFA concerne le prix du Super 91 et du gasoil. Le secrétaire général de la Confédération syndicale du Burkina (CSB), Guy Olivier Ouédraogo, donne son avis.

Depuis mai 2016, le prix du Super 91 était de 602 F CFA et celui du gasoil à 526 FCFA. Mais à partir du vendredi 9 novembre 2018, le litre du super 91 coûte 677 F CFA et le gasoil à 601 F CFA, soit une augmentation de 75 FCFA. Le gouvernement a expliqué cette augmentation par la hausse des prix à l’international.

Le secrétaire général de la Confédération syndicale du Burkina (CSB), Guy Olivier Ouédraogo est de cet avis. « Je comprends bien cette augmentation parce qu’ayant été acteur de la diminution des prix des hydrocarbures depuis 2015 avec le gouvernement de la transition. Je sais qu’en réalité, c’est indexé sur le prix du baril à l’international », a-t-il expliqué.

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Pour le SG de la CSB, depuis 2016 le prix du baril a commencé à grimper et de nos jours, il varie vers 70 dollars. Si la hausse des prix du carburant était liée à une augmentation des taxes par l’Etat au niveau des hydrocarbures, « je serai le premier à protester », dit-il.

« Mais, il n’y a eu aucune augmentation au niveau des taxes pratiquées par l’Etat. Cette présente hausse est uniquement liée au prix du baril à l’international. Ce sont des facteurs exogènes qui sont à la base de la hausse du prix du carburant. Si c’était des facteurs endogènes, on sait quoi faire », a-t-il signifié.

Concernant les prix des produits, le sieur Ouédraogo a fait savoir qu’il aura une tendance à la hausse mais cela va se stabiliser. Il a fait la confidence que les prix des produits sont dictés par la douane et non sur le prix des hydrocarbures. « Si la douane serre, les prix grimpent », a-t-il confié.

Par ailleurs, il a estimé que c’est une politisation du phénomène sinon les prix des hydrocarbures ont toujours augmenté et baissé et que les courbes économiques existent et chacun peut les consulter sur Internet. Des organisations de société civile comptent protester sur les nouveaux prix appliqués à la pompe.

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« Si dans deux mois, le prix à l’international baissait, est-ce que ceux qui veulent marcher pour dire qu’ils sont contre, vont-ils applaudir le gouvernement ? Je ne sais pas. Moi, je n’ai pas marché pour applaudir le gouvernement quand ils ont fait la baisse car c’est le marché international. Avec cette hausse, je ne vais pas marcher. Quand il y a une baisse, personne n’a  applaudi. Ce sont des exploitations politiques. Je pense personnellement qu’il n’y a pas de quoi fouetter un chat. Le prix du baril est très volatile », a-t-il lancé.

Par contre, Guy Olivier Ouédraogo propose au gouvernement d’appliquer la péréquation comme mécanisme de gestion des variations du prix des hydrocarbures. « Quand le prix baisse, on ne baisse pas trop. On garde une marge et quand ça monte on prend ce qu’on avait gardé pour compléter », a-t-il proposé.

Jules César KABORE

Burkina 24

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