10 ans de l’ONG Help au Burkina : Coup d’oeil dans le rétroviseur

307 0

Pour son 10e anniversaire au Burkina Faso, l’ONG allemande Help retourne sur les pas de son investissement afin de mesurer l’impact. A Yagma, ce jeudi 29 novembre 2018, site principal de relogement des sinistrés des inondations du 1er septembre 2009, il visite le centre municipal de formation professionnelle, d’intégration socio-professionnelle et d’animation culturelle.

Composé d’une salle de réunion, d’une administration, de 4 salles de classes, 2 salles de couture, un hangard, des latrines et bien d’autres, le centre municipal  de formation professionnelle, d’intégration socio-professionnelle et d’animation de Yagma a été construit en 2011 par l’ONG Help pour accueillir les enfants des personnes sinistrées le 1er septembre 2009, obligés de parcourir des kilomètres pour aller à l’école.

Ce centre a vocation de former des jeunes scolarisés et non scolarisés, âgés de 14 à 22 dans trois  filières : la coupe couture, électricité bâtiments et mécanique deux roues pour une formation de 3 ans.

Outre la formation, une alphabétisation en langue mooré pour les non scolarisés et une éducation à la santé de la reproduction, sur les IST, VIH et l’avortement clandestin y sont menées.

L’objectif du centre selon son directeur, Nikiéma Emmanuel, n’est pas de former des diplômés mais des jeunes capables d’exercer sur le terrain dès leur sortie. Mais c’est surtout la promotion de l’autopromotion qui est visée. Il est ouvert aux enfants des villages environnants.

Dès le lendemain du sinistre évènement de 2009, l’ONG est aussi venue en aide à la population avec des vivres, des articles d’hygiène, la construction de 800 maisons à la trame d’accueil, des formations à des activités génératrices de revenus, la normalisation du CSPS, la réalisation d’un forage et bien d’autres.

Louise Ilboudo, présidente de l’association des femmes de Yagma

« Beaucoup d’entre nous qui n’avaient pas eu l’aide de Help sont retournés en ville. Ils étaient mécontents parce que pour en bénéficier, c’était un tirage au sort. Help a beaucoup changé notre vie aujourd’hui», témoigne Louise Ilboudo, présidente de l’association des femmes.

Si les femmes semblent être celles qui s’en sortent le mieux avec ces activités, ce n’est pas le cas chez les hommes.  Alain Ilboudo, formé à la fabrication de chaussures, lui se plaint de la faiblesse des aides qui ne lui permet pas de subvenir à ses besoins.

« Nous travaillons à la main pour fabriquer les chaussures. Ce qui fait que ce n’est vraiment pas trop joli et les gens n’en veulent pas. On a besoin de machines et de l’argent pour les achats du matériel. Donc je fais la maçonnerie et à mes temps perdus je fabrique les chaussures», explique-t-il.

Depuis 2014, la gestion du centre est cédée à la mairie de Ouagadougou. « Nous pouvons  aujourd’hui affirmer que depuis, nous n’avons ménagé aucun effort pour un bon fonctionnement du joyau », s’en orgueillit Amado Sawadogo, adjoint au maire de Ouagdougou.

Toujours pour la bonne marche du centre, il annonce que le conseil municipal prévoit une ligne budgétaire pour son équipement et le paiement des salaires des formateurs.

Néanmoins, il n’hésite pas à soumettre des doléances aux partenaires notamment la dotation du centre en moyens logistiques, des motos, matériels informatiques, en machines à coudre, la réalisation d’un  forage à l’intérieur du centre, une centrale solaire, entre autres.

Pour le directeur pays de Help, Serges Alfred Sedogo, la vie qui règne au centre témoigne d’un partenariat réussi entre une organisation et une collectivité : « Nous sommes fiers et honorés ».

 De 160 élèves au départ, le centre en accueille 216  pour l’année 2018 – 2019. Depuis sa création, il a formé plus de 500 personnes dont 95% d’entre eux sont à leur compte.

Une joie pour le parrain Simon Compaoré qui y voit un exemple de soustraire de la rue des enfants.

A noter que Help est présente depuis 2008 au Burkina et intervient dans les domaines de la sécurité alimentaire, l’eau potable, les moyens de subsistances et l’environnement. Elle a œuvré aussi pour la gratuité des soins actée à l’échelle nationale, entre autresp>. L’adoption de l’assurance maladie universelle est le nouveau chantier pour lequel elle mène un plaidoyer.

Revelyn SOME

Burkina24

Votre commentaire sur ce sujet

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Article du même genre