CENI : L’UNAS « dénonce ces missions d’information à l’extérieur injustifiées »

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Dans cette déclaration, l’Union d’action de la société civile (UNAS) se prononce sur les missions d’information de la CENI.

La commission électorale nationale indépendante (CENI) a, au cours de la semaine écoulée, convoqué une rencontre avec les acteurs du processus électoral burkinabé. Cette rencontre a été le lieu pour la CENI de dérouler son agenda et d’annoncer certaines de ses activités entrant dans le cadre de la préparation  des scrutins futurs, notamment le référendum, la présidentielle et les législatives de 2020. Parmi les activités annoncées par la CENI, une retient cependant l’attention.

En effet, l’institution entendait immédiatement conduire des missions d’explication sur le vote de la Diaspora dans 36 pays au profit des compatriotes résidant dans ces pays.

L’unité d’action de la société civile (UNAS) s’interroge sur le bien-fondé et l’opportunité de cette activité à l’extérieur qui apparaît budgétivore au moment où le pays traverse une période de conjoncture économique et de crise budgétaire. Le caractère budgétivore apparait mieux quand on sait que dans le même temps des missions du même ordre sont organisées par le Ministère en charge des burkinabè de l’étranger et l’ONI pour délivrer les CNIB et les passeports aux burkinabè de l’étranger (une autre opération perilleuse).

En effet, il n’y avait donc pas lieu d’organiser des missions dont le coût s’élève à trois cents (300) millions. 

A moins que cet empressement à dépenser l’argent du contribuable par tous les moyens ne vise qu’à consommer voire consumer des crédits alloués mais inutilisés et qui vont retourner au trésor public.

De toute évidence les chancelleries et les délégués Conseil supérieur des Burkinabé de l’étranger (CSBE) peuvent valablement se charger sur place de porter les informations nécessaires aux compatriotes de l’extérieur.

Ce qui permettrait de faire des économies substantielles dans le sens de la continuité de cette théorie de la soutenabilité financière des élections défendue avec une grande débauche d’énergie par le président de la CENI pour justifier sa politique actuelle dont un des éléments était la plateforme multicanal mort-née.

Pour l’UNAS, ce qui parait un combat important à mener à ce jour ce sont des élections ouvertes, inclusives et démocratiques. Et ce qui devrait être l’un des soucis majeurs de la CENI c’est la relecture du code électoral réclamée par l’opposition et la société civile en ces dispositions controversées notamment sur les lieux de votation à l’étranger et l’utilisation de la carte consulaire biométrique par nos compatriotes pour s’inscrire et voter.

Sur un autre plan, celui de la gestion des ressources de la CENI, les acteurs attendent urgemment de la CENI beaucoup plus de transparence. Qu’elle dise combien de centaines de millions ont été perdues après l’annulation de la plateforme multicanal pour laquelle des dépenses importantes avaient été déjà engagées. Et quelles conséquences faudrait-il en tirer.

Cette explication s’avère utile au sens où la transparence demeure un principe cardinal qui doit parrainer tous les actes posés au quotidien par toute structure d’organisation des élections pour garantir la confiance avec les acteurs et compétiteurs électoraux.

Dans le même ordre d’idée, notre organisation ne comprend pas la présence de M. Kouanda Idrissou dans le staff du président de la CENI où ce dernier officie comme son conseiller. Alors que les règles sont claires que le personnel administratif de la CENI doit être neutre, celui qui se présente le nouveau conseiller, dans un mandat précédent, a été vice-président de la CENI au titre de l’opposition politique et au jour d’aujourd’hui il se trouve être dans la majorité au pouvoir et membre de l’APMP. Au nom du principe d’impartialité et de neutralité et pour un meilleur arbitrage des intérêts en jeux, quel gage le président de la CENI peut-il réellement donner quand ses collaborateurs sont politiquement marqués ou sont acquis à un bord politique donné ?

En tout état de cause, l’UNAS trouve que les missions d’explication à l’extérieur entreprises par la CENI sont inopportunes, gabégiques et inutiles parce que les possibilités pour le faire sans gaspiller les maigres ressources existaient. Et ce argent aurait pu servir à bien d’autres choses.

Aussi, au regard de ce qui précède l’unité d’action de la société civile :

– dénonce ces missions d’information à l’extérieur injustifiées et le gaspillage des ressources qu’elles induisent;

– invite la CENI à se pencher très rapidement sur les exigences fondamentales de l’opposition et de la société civile relatives à la relecture du code électoral;

– exige la lumière sur les incidences financières liées à la plateforme multicanal sur le budget des élections;

– demande au président de la CENI de s’abstenir de poser des actes ne permettant pas de garantir la confiance entre les acteurs et de veiller, en tant que représentant de la société civile , à rester neutre dans toute controverse qui pourrait créer un environnement conflictuel préjudiciable au processus électoral.

Fait à Ouagadougou le 1er décembre 2018.

Pour les organisations membres de l’UNAS

LE PRÉSIDENT DU MOIS

Alexandre Pagomziri Ouédraogo

Il y a 1 commentaire

  1. Je suis d’accord avec vous que c’est une mission budgetivore. mais vous detruisez votre critique objective en demandant a la CENI de se pencher sur les exigences de l’opposition et d’une partie de la societe societe.
    Ou bien vous meconnaissez les attributions de la CENI ou vous etes de mauvaise foi.
    La CENI organise les elections en se basant sur la loi electorale en vigueur; elle ne vote pas de lois et elle n’en promulgue pas.
    En « se penchant » sur vos exigences, elle n’est plus neutre.
    Vous vous trompez d’adversaire. Allez affronter le MPP et ses allies pour que « vous vous penchiez ensemble sur la loi electorale ».

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