Lutte contre le Mariage précoce à Banfora : Une enfant de 12 ans sauvée d’un polygame de 58 ans

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La Direction régionale de la femme, de la solidarité nationale, de la famille et de l’action humanitaire des Cascades en partenariat avec l’ONG Save The Children International et le Réseau Africain Jeunesse pour le Développement au Burkina Faso(RAJS) a organisé un atelier de sensibilisation et de plaidoyer le mardi 15 juin 2021 à Banfora.  Cette rencontre qui s’inscrit dans le cadre de la célébration de la Journée de l’enfant africain a permis de lever un coin de voile sur la situation des Violences basées sur le genre dans la région.

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Agée de 12 ans, Kadidja (nom d’emprunt), élève en classe de CE2 à Diarrabakoko, localité située dans la région des Cascades a miraculeusement disparu de la classe courant le mois de février 2021. Une absence tout de suite remarquée à cause de sa qualité d’élève « brillante », selon son enseignant.

Des initiatives engagées pour la ramener à l’école finissent par lever le lièvre : « Kadidja a été déscolarisée pour raison de mariage ».

Et pour épouser quel mari ? Un homme déjà marié à deux autres femmes et âgé de 58 ans. Mais c’était sans compter avec l’engagement des acteurs de la promotion des droits humains. « Le pire a été évité. Et l’enfant a repris le chemin de l’école », rassure Moumouni Tall, inspecteur d’éducation, chef de service de la famille et de l’enfant dans la Comoé.

22 cas de VGB en 2020

Cependant, Kadidja n’est pas une victime solitaire dans cette région qui enregistre plusieurs formes de mariages forcés et précoces (le don, le Litho, le sororat et le rapt). « En 2020, la région des Cascades a enregistré 22 cas de mariages forcés et précoces. En juin 2021, nous avons déjà recensé 18 cas », révèle le Directeur régional de la femme, de la solidarité nationale, de la famille et de l’action humanitaire (DRSNFAH) Drissa Tou.

Abdoul Latif Siribié, Secrétaire général du parlement des enfants dans la région des Cascades

Le phénomène prend de l’ampleur

Des chiffres plus qu’interpellateurs selon le Secrétaire général du parlement des enfants dans la région des Cascades Abdoul Latif Siribié, élève en classe de 3ème au Lycée Lompolo Koné de Banfora qui appelle au secours des autorités.

« Nous invitons les autorités à peser de tout leur poids pour protéger les enfants que nous sommes. Car tout porte à croire que le fléau des VGB est en train de prendre de l’ampleur », alerte-t-il.

Des conséquences désastreuses

Les acteurs sanitaires n’en sont pas moins préoccupés. En collaboration avec la DRFSNFAH, ces témoins oculaires des « répercussions psychologiques » des violences sur les enfants rappellent les conséquences désastreuses de ces pratiques.

« Les jeunes filles se marient de façon précoce avant l’âge de 18 ans, de telle sorte que leurs organes génitaux ne sont pas suffisamment matures au moment de l’accouchement. Lorsque le travail est prolongé, il peut arriver qu’il y ait des fistules obstétricales. C’est-à-dire qu’il y a une communication entre la vessie et les autres organes génitaux qui de façon naturelle, laisse passer les urines », explique la Directrice régionale de la santé Olivia Ouédraogo.

Fixer l’âge du mariage à 18 ans

Selon le spécialiste protection de l’ONG Save the Children International (SCI), le rapport de 2010 estimant une prévalence de 52% de cas de VGB n’est que « la partie visible de l’iceberg » dans la mesure où de nombreux cas sont étouffés par les « règlements à l’amiable ». D’où « la nécessité de multiplier les plaidoyers » visant la fixation de l’âge légal du mariage à 18 ans dans le nouveau Code des personnes et de la famille.

En plus de cette session de sensibilisation qui entre dans le cadre du Projet de renforcement de l’offre et de la demande de services d’Etat civil et de promotion sociale, (financé par l’Union Européenne et mis en œuvre par Save The Children International et le Réseau Africain Jeunesse pour le Développement au Burkina Faso(RAJS), la Journée de l’enfant africain a été marquée par une émission radiophonique et une conférence publique.

Aminata SANOU

Correspondante de Burkina 24

 

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