Procès Sankara : Arsène Bognessan Yé est passé à la barre

Médecin militaire de profession, Bognessan Arsène YE était Directeur central des services de santé des forces armées nationales au moment des événements du 15 octobre 1987. 

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Selon le récit du témoin dans l’affaire de l’assassinat de Thomas Sankara et ses 12 compagnons, il dit avoir entendu des coups de feu depuis son bureau et s’était rendu au Camp Guillaume Ouédraogo pour s’apprêter avec ses collègues médecins dans le but d’apporter un soutien médical en cas de besoin.

Mais Bognessan Arsène Yé ajoute avoir passé la nuit au camp avant de chercher à comprendre la situation le lendemain.

« J’ai joint le conseil celui qui m’a répondu et m’a dit que Blaise était occupé mais que je peux venir là-bas pour le rencontrer. Quand je suis arrivé, il m’a introduit dans une salle. J’ai trouvé Lingani et Zongo là-bas. Quand je leur ai posé la question où est Sankara, Lingani a regardé une photo de Sankara qui était dans la salle et a dit : Le pauvre ! J’ai compris qu’il n’était plus de ce monde », raconte-t-il à la barre.

À l’entendre, Blaise Compaoré lui a donné des explications selon lesquelles la mort de Sankara est survenue suite à une arrestation qui a mal tourné. La mission de Bognessan Yé a commencé avec le nouveau pouvoir.

« J’ai été très proche de Thomas Sankara. J’ai été son médecin personnel »

« Il m’a demandé d’aller rencontrer les délégué CDR venus des régions. Mais quand je suis arrivé, je n’ai pas pu diriger la réunion. J’ai vu le frère Pascal de Sankara, on s’est regardés. On a coulé des larmes sous l’émotion », avoue le témoin.

La deuxième mission du témoin est selon lui une rencontre avec les ambassadeurs suites aux événements. Mais il dit croire à la continuité de la révolution. « Les partis membres du CNR se sont retrouvés au Front Populaire sans le chef suprême lui-même ». De son avis, le problème majeur au sein du CNR concernait la mise en place du parti avant-garde de la révolution.

« Les différents partis qui composaient le CNR n’avaient pas la même vision de l’état de la lutte », considère-t-il. Il ajoute également que la relation entre le Burkina et ses voisins n’était pas au beau fixe.

« Les slogans comme les hiboux au regard gluant… Houphouët se sentait indexé », révèle-t-il. Bognessan Arsène YE a aussi parlé de ses relations avec le président Thomas Sankara. « J’ai été très proche de Thomas Sankara. J’ai été son médecin personnel », dit-il

En rappel, Bognessan Arsène YE a été entre autres président de l’Assemblée des députés du peuple du Burkina Faso de 1992 à 1997, président du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) de 1996 à 1999, et ministre d’État de 1997 à 2000.

 L’audience reprend le lundi 22 novembre 2021 avec la poursuite des dépositions…

Akim KY

Burkina 24

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