Me Prosper Farama : « Dans ce pays, il y a eu des gens qui faisaient plus peur que Satan lui-même »

23 ans après l’assassinat du journaliste Norbert Zongo, la justice sur cette affaire se fait toujours attendre. Pour commémorer l’anniversaire des évènements tragiques de Sapouy, le Centre National de Presse Norbert Zongo (CNP/NZ) a organisé une conférence publique ce lundi 13 décembre 2021 à Ouagadougou. Ladite conférence avait pour thème : « quel sort judiciaire pour le dossier Norbert Zongo ?  et avec comme principal intervenant, Me Prosper Farama, l’un des avocats de cette affaire.

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« Quel sort judiciaire pour le dossier Norbert Zongo ? », un thème interpellateur qui démontre à quel point les Hommes de la presse attendent le dénouement de cette affaire depuis plus de deux décennies. Pour apporter des éléments de réponses à ce 23ème anniversaire de l’assassinat de Norbert Zongo, l’homme de droit Prosper Farama était à la barre.

Comprendre l’avancement du dossier Norbert Zongo, essayer de savoir quel pourrait être la suite et la finalité du dossier, ce sont là, les préoccupations des Hommes de la presse qui ont conduit à solliciter les services de Me Prospère Farama, l’un des avocats de la famille Zongo. Pour lancer sa présentation, il a d’abord rappelé que l’affaire Norbert Zongo a été la conséquence de l’affaire David Ouédraogo.

Pour avoir enquêté sur l’assassinat de  David Ouédraogo, Norbert Zongo a été assassiné. Pour Me Prospère Farama, contrairement à l’affaire Thomas Sankara qui est une affaire entre militaires, le dossier Norbert Zongo est celui « d’un homme qui n’avait pas d’arme ». Allant plus loin, l’avocat a expliqué que ce sont les mêmes éléments qui sont mis en cause dans les affaires Thomas Sankara, David Ouédraogo, Norbert Zongo et Boukary Dabo.

Pour lui, les mis en cause dans ces affaires étaient des « tueurs à gages » de l’ancien régime. Sur l’évolution du dossier, Me Prospère Farama a fait un exposé détaillé de 1999 à nos jours. Il a notamment parlé de la réouverture du dossier entre 2015 et 2016 et l’indemnisation de la famille en 2015. Me Farama a aussi expliqué que le CNP/NZ a entrepris une collecte de documents et d’informations sur le dossier à l’issue de l’insurrection de 2014.

L’homme de droit a signifié également qu’à la réouverture du dossier, le juge a estimé que les éléments en sa possession étaient assez « concordants et graves » pour inculper les principaux mis en accusations lors de l’enquête indépendante réalisée en 1999. Après cela, l’avocat a expliqué que même si le principal accusé (ndlr François Compaoré) est absent, la justice burkinabè peut procéder au jugement du dossier. Cependant il souligne que ça sera un jugement « par défaut ».

Comme solution face à cela, Me Prospère Farama a indiqué qu’il en existe deux. La première qui est celle de juger le dossier sans François Compaoré et la seconde qui est celle d’attendre la décision de la cour européenne des droits de l’Homme. Il précise cependant qu’à l’état actuel des choses, « nous ne pouvons rien faire » pour parler des avocats. Selon ses propos, il faudrait surement se rabattre sur la diplomatie et espérer un dénouement de l’affaire qui se trouve dans les juridictions européennes.

Sur le bienfondé des luttes menées, Me Farama a indiqué que c’est instaurer une véritable démocratie et un vrai Etat de droit. « Dans ce pays, il y a eu des gens qui faisaient plus peur que Satan lui-même », a-t-il martelé. Selon ses propos, « on s’est trompé sur la valeur de nos hommes politiques ».

Pour conclure son intervention, l’homme de droit a appelé à une mobilisation continue « jusqu’à ce que justice soit rendue ».

Basile SAMA

Burkina 24

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