Lionel Kaboui « mort des suites de maladie » ? La famille réclame « vérité et justice »

Le 06 juin 2020, Lionel Kaboui, âgé de 23 ans, « essuyait des balles » en face de l’hôtel Palace, à Ouagadougou. Aujourd’hui, lundi 25 avril 2022, à presque deux ans de son « assassinat », la famille Kaboui, principalement le père du défunt, Emmanuel Kaboui, a animé une conférence de presse afin de faire le point sur l’évolution du dossier, parce que plainte déposée auprès du procureur du Faso depuis le 11 août 2020.

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Pour la famille Kaboui, leur fils Lionel Kaboui a été « assassiné » par les tirs de trois gendarmes en poste devant l’hôtel Palace de Ouagadougou aux environs de 4 h du matin alors qu’il se déplaçait seul dans son véhicule double cabine blanche pour se rendre à son domicile en famille ce, après sa fête d’anniversaire au restaurant la Perle de Ouaga 2000 le 6 juin 2020.

Emmanuel Kaboui
Emmanuel Kaboui, père de Lionel Kaboui.

« C’est en rentrant et passant devant l’hôtel Palace alors qu’il avait dépassé le portail de l’hôtel et qu’il ne présentait aucun danger pour l’hôtel Palace et les trois gendarmes de faction dans l’hôtel, qu’il reçut une balle dans sa nuque et au moins sept impacts de balles visibles sur son véhicule », a expliqué Emmanuel Kaboui, père du disparu.

Pour le père, son fils « a été assassiné et son véhicule criblé de balles sans motif alors qu’il roulait à une allure normale ». Plainte a donc été déposée, si l’on en croit son propos, auprès du procureur du Faso le 11 août 2020 par la famille.

Plainte de la famille auprès du procureur du Faso
Plainte de la famille Kaboui auprès du procureur du Faso.

« Vingt-trois (23) mois après, la plainte reste au stade des auditions », dit-il avec incompréhension tout en disant ne pas se reconnaitre dans l’affaire de vol de portable, de détention illégale d’armes à feu, de meurtre et mise en danger délibérée de la vie d’autrui et homicide involontaire contre X…. et rejette en bloc la version des faits qui a essayé de faire passer son défunt fils pour « un délinquant ».

Questionnement de la famille

« Pourquoi le gendarme en question a-t-il assassiné de sang-froid Lionel… ? Pourquoi les trois gendarmes n’ont pas tenté de porter secours à Lionel qui agonisait dans son véhicule après leur forfait ? Pourquoi les gendarmes ont-ils induit en erreur les sapeurs-pompiers en leur disant d’aller dire à l’hôpital Yalgado où Lionel a été conduit de dire « qu’il a cogné un poteau »

Pourquoi les gendarmes ont fait disparaitre sciemment les étuis des balles assassines et retiré la cassette vidéo de l’hôtel Palace qui a probablement enregistré les scènes du crime ? Pourquoi les infirmiers de garde sont restés autour de Lionel pendant plus de 30 minutes pour que le chef de service des urgences nous informe que Lionel est décédé avant son arrivée à l’hôpital ? », entre autres questionnements que s’est posés le père du disparu.

Acte de décès de Lionel Kaboui
Acte de décès de Lionel Kaboui.

La famille Kaboui dit toujours attendre « vérité et justice » afin de faire leur deuil et de permettre à leur fils de reposer en paix. Pour cela, elle interpelle les nouvelles autorités politiques et judiciaires « d’accorder une attention particulière sur ce dossier ».

Tambi Serge Pacôme ZONGO

Burkina 24

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Serge Pacôme ZONGO

Tambi Serge Pacôme ZONGO, journaliste s'intéressant aux questions politiques et de développement durable.

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