Communication en temps de guerre : « Je demande que nous taisions nos divergences pour accompagner les forces combattantes » (Apollinaire Abga, journaliste)

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Dans le cadre des Universités africaines de la communication de Ouagadougou (UACO) qui se tiennent du 7 au 9 décembre 2023 à Ouagadougou, un panel sur le rôle social des journalistes et communicants dans la prévention, la gestion et la résolution des crises a connu la participation de plusieurs personnes. Nous nous sommes intéressés à la communication de Apollinaire Abga, rédacteur en chef de l’Agence d’information du Burkina (AIB) sur le thème « Le traitement de l’information sécuritaire par les médias publics burkinabè : Entre retour en grâce et journalisme embarqué, éviter les liaisons dangereuses. »  

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« Le gouvernement a décidé de mener une stratégie de guerre de communication. Cette stratégie de guerre de communication est surtout portée par les médias publics et par d’autres médias privés », a fait remarquer d’emblée le journaliste Apollinaire Abga à son auditoire.

Poursuivant sur ce qu’il a appelé les éléments factuels, il a fait remémorer qu’en début novembre 2022 quand le Capitaine Ibrahim Traoré a pris le pouvoir, il a réuni les professionnels des médias pour décliner sa vision.

À l’en croire, le président a surtout insisté sur la responsabilité collective sur cette grave crise qui secoue le Burkina Faso. Il a demandé aux médias d’accompagner les forces combattantes sur le terrain à défaut de les démoraliser avec certains écrits. Il a fait savoir que le président a dit lors de cette rencontre avec la presse que : « Si vous ne pouvez pas accompagner les forces combattantes, il faut surtout éviter de les décourager ».

Présidium du Panel 4 aux UACO

Selon lui,  le président Damiba avait aussi demandé aux « journalistes d’accompagner ou de ne pas déranger ». Pour Apollinaire Abga c’est clair, quand le Capitaine Ibrahim Traoré demande cela,  « c’est comme une nouvelle ligne (éditoriale, NDLR) qu’il donne aux médias publics quand on sait les liens qu’il y a entre médias publics et le pouvoir public ».

Changement de ligne éditoriale et retour en grâce des médias publics

Le rédacteur en chef de l’AIB fait alors remarquer qu’après cette rencontre avec le Capitaine Ibrahim Traoré, le changement radical du contenu des médias publics était devenu désormais perceptible. « Désormais on insiste surtout sur les victoires côté ami et on parle peu de nos pertes. On évite surtout de faire l’apologie du terrorisme. Par la suite, on a vu à la RTB ce que vous appelez les frappes ciblées, les verrouillages… », a-t-il illustré.

Lire aussi → Universités Africaines de la Communication de Ouagadougou (UACO 2023) : Feu vert pour la 13e édition

Cela, a-t-il dit, a favorisé le retour en grâce des médias publics à la faveur des images des frappes sur les terroristes présentées au journal de 20h de la RTB. « Nous sommes revenus à la page. Avant, nous étions délaissés. Dans cette salle, qui d’entre vous s’occupait de regarder le 20h de la RTB ? Beaucoup d’entre vous ne connaissaient pas l’AIB. Finies, ces périodes où on chassait la Télévision nationale à l’université de Ouagadougou. Il est fini ce temps où on était indésiré dans certaines cérémonies. C’est ce que j’ai appelé le retour en grâce des médias publics« , a expliqué Apollinaire Abga.

Aussi, a-t-il jugé normal l’accompagnement des médias publics vis-à-vis de cette communication de guerre dont le rythme est imprimé par le gouvernement. « Il ne pouvait pas être autrement », a-t-il estimé. « Voyez-vous, les responsables des médias publics sont nommés par les pouvoirs publics. Quand les pouvoirs publics décident de la mise en place d’une stratégie de communication de guerre,  les responsables de médias publics doivent suivre », a-t-il jugé.

Des opposants à cette communication de guerre

Cependant, celui-ci reconnaît que cette posture d’accompagnement de la communication de guerre dictée par le gouvernement n’est pas partagée par tous les professionnels des médias. « Cette communication de guerre telle que pensée et définie par les plus hautes autorités du Burkina Faso n’est pas partagée partout.

On l’a vu, il y a des médias qui ont été suspendus, d’autres ont été sommés de rentrer dans la case. Je me rappelle ces faîtières qui nous parlent de la pensée unique », a évoqué Apollinaire Abga. Cependant  celui-ci fait remarquer que ce n’est pas sous le régime du président Traoré que cela a commencé.

Les participants aux UACO

« Déjà en juin 2019,  il y a une loi qui a été votée pour réprimer un certain nombre de publications qu’on estimait que ça faisait l’apologie du terrorisme », a-t-il évoqué. En sommes, par rapport à tout ce qui a été développé ci-dessus, Apollinaire Abga a indiqué qu’il n’a fait que décrire des faits et que cela n’est pas forcément son point de vue. Il a néanmoins terminé cette communication en donnant son point de vue.

« Je trouve pour ma part qu’avec la création des Bataillons d’intervention rapide (BIR), le recrutement massif de soldats et de VDP, avec l’engagement populaire de tout le monde à travers les taxes, les cessions de salaires volontaires, avec les victoires que nous rencontrons ces derniers temps, je pense que nous sommes sur la bonne voie pour libérer notre territoire. Si nous sommes sur la bonne voie pour libérer notre territoire, nous ne devons pas faire en sorte qu’une mauvaise communication vienne ternir cela. Je demande que nous taisons nos divergences pour accompagner les forces combattantes sur le chemin de la victoire », a opiné en définitive Apollinaire Abga.

Hamadou OUEDRAOGO

Burkina 24 

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