Santé au Burkina Faso : Le RAME salue les progrès enregistrés mais alerte sur les ruptures de médicaments

Le Réseau Accès aux Médicaments Essentiels (RAME) a présenté, ce samedi 30 mai 2026 à Ouagadougou, les résultats de sa veille citoyenne 2025 sur l’accès aux services de santé. Si le rapport met en lumière plusieurs avancées notables, il a souligné également des difficultés persistantes, notamment en matière de disponibilité des médicaments essentiels.

Réalisée à travers l’Observatoire Citoyen sur l’Accès aux Services de Santé (OCASS), en collaboration avec RÊVS Plus, REGIPIV, AFAFSI et d’autres partenaires, l’étude a couvert 869 formations sanitaires en 2025, représentant environ 90 % des districts sanitaires du pays, contre 87 % en 2024.

Selon Aymar Ziba, représentant de RÊVE Plus, structure partenaire du RAME, plusieurs indicateurs témoignent d’une amélioration de la qualité des services.

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En effet, 90 % des usagers interrogés affirment avoir été bien accueillis et avoir vu leurs droits respectés lors de leur prise en charge.

Le rapport note également des progrès dans la lutte contre le VIH. En 2025, 84 % des personnes vivant avec le VIH ont bénéficié d’une éducation thérapeutique, contre 77 % l’année précédente. Par ailleurs, 99 % des bénéficiaires se déclarent satisfaits des services reçus.

La couverture de la chaîne de froid atteint désormais 90 %, tandis que 92 % des Comités de gestion des établissements de santé (COGES) ont tenu leur assemblée générale au cours de l’année, contre 83 % en 2024.

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Le RAME a tenu à saluer « la résilience des agents de santé » qui continuent d’assurer les soins malgré un contexte sécuritaire difficile.

Toutefois, l’organisation met en garde contre une dégradation de la disponibilité des médicaments. Selon le rapport, 57 % des formations sanitaires ont connu des ruptures de médicaments traceurs en 2025, contre 31 % en 2024. Quatre districts sanitaires ont enregistré des ruptures d’antirétroviraux pendant une période cumulée de 21 jours, tandis que sept districts ont été confrontés à des ruptures d’antituberculeux.

Concernant le paludisme, 316 usagers n’ont pas pu obtenir l’ensemble des médicaments prescrits. Le rapport révèle également que 3 % des femmes enceintes n’ont pas bénéficié du traitement préventif intermittent contre le paludisme, contre 1 % en 2024.

D’autres préoccupations concernent les agents de santé communautaires, dont 61 % n’avaient pas encore reçu leurs motivations financières au moment de l’enquête. En matière de vaccination, 1 665 enfants ont été perdus de vue et 266 enfants âgés de 0 à 23 mois n’avaient pas reçu le vaccin contre le paludisme.

Face à ces constats, le RAME appelle le gouvernement à renforcer la disponibilité des intrants médicaux, à accélérer le remboursement des factures liées à la gratuité des soins et à améliorer les conditions de travail des agents communautaires.

Tout en reconnaissant les contraintes sécuritaires auxquelles fait face le système de santé, le réseau a salué les efforts déjà engagés par le ministère en charge de la Santé et réaffirmé sa volonté de poursuivre la veille citoyenne afin de contribuer à l’atteinte de la couverture sanitaire universelle au Burkina Faso.

Bassirou BANDÉ

‎Pour Burkina 24

Rédaction B24

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