Arts plastiques : Quatre générations de photographes d’auteur font dialoguer la mémoire visuelle du Burkina

L’espace public Pierre Ligidi, situé à Nonghin près de la Cité de Rimkieta, accueille depuis le vendredi 26 juin 2026 soir l’exposition photographique de la 4e édition du programme de mentorat du Cercle des Photographes du Burkina (CERPHOB). Cet événement, activité centrale de la biennale PHOTOSA, présente les travaux de 11 nouveaux photographes formés à la photographie d’auteur, tout en intégrant les œuvres des promotions de 2021, 2023 et 2025.
L’exposition est installée dans une structure mobile et démontable de 80 m². L’approche retenue fait dialoguer quatre générations de photographes à travers des séries thématiques issues de sept mois d’apprentissage. Sur le plan technique et conceptuel, les œuvres présentées marquent une orientation vers la documentation sociale et l’archive visuelle.

Pour Seybatou Yougbaré, représentante des bénéficiaires, cette démarche est essentielle. « À travers ces différentes séries photographiques, nous avons cherché à documenter des réalités souvent méconnues, à mettre en lumière des enjeux sociaux, culturels et humains, mais également à susciter le dialogue, la réflexion et la prise de conscience collective », a-t-elle expliqué.

Dans sa série consacrée à la transition, Giovanna Sanogo documente le passage de la traction asine aux tricycles à moteur. Ses compositions visuelles s’appuient sur un jeu de présence et d’absence de l’animal. La photographe explicite ainsi sa vision professionnelle.
« En tant que femme, j’aimerais m’inscrire dans le monde photographique, affirmer, montrer, raconter aussi notre passage, apporter notre pierre dans le domaine de la photographie, qui est avant, vu comme un métier dédié aux hommes », a-t-elle indiqué.

De son côté, Imelda Bationo propose une série de portraits centrée sur le quotidien des jeunes filles marchandes ambulantes à Ouagadougou. « J’ai voulu en fait photographier ou documenter la vie au quotidien de ces jeunes filles-là qui sont scolarisées et d’autres ne le sont pas. C’est un projet qui est en construction », a précisé l’artiste.

Le programme de mentorat, soutenu par le Fonds de développement culturel et touristique (FDCT) et la Coopération suisse via le PADIC, vise à formaliser une mémoire visuelle endogène du pays. Adrien Bitibaly, président du CERPHOB et directeur de PHOTOSA, a rappelé la nécessité de cette autonomie iconographique.

« L’importance d’accompagner les nouvelles générations dans la photographie d’auteur, c’est plutôt les amener à documenter notre pays. L’objectif est que ces jeunes puissent parler ou montrer notre pays en l’état au lieu plutôt que ça soit des étrangers qui viennent le faire », a-t-il confié.

L’exposition restera ouverte au public pendant un mois. Pour la prochaine édition en 2027, le CERPHOB a annoncé une session exclusivement réservée aux femmes photographes, assortie d’une bourse pour le meilleur projet, afin de consolider la parité et de diversifier les perspectives documentaires au Burkina Faso.
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Akim KY
Burkina 24




