Burkina Faso : «Si on officialise une langue aujourd’hui, elle devient une langue de travail» (Rodrigue Bayala)

L’une des innovations contenues dans le projet de loi portant révision de la constitution c’est aussi l’institutionnalisation des langues nationales comme étant des langues officielles. Le ministre en charge de la justice, Rodrigue Bayala, a éclairé la lanterne des uns et des autres sur cette décision ce samedi 30 décembre 2023. 

Pour un membre de l’ALT, une langue ne peut pas être officielle sans être une langue de travail, s’est-il inquiété avant que le ministre en charge de la justice vienne faire lumière sur sa préoccupation. Apportant alors des éléments de réponse aux questions des membres de l’ALT sur cette question, le ministre en charge de la justice, Edasso Rodrigue Bayala a souligné que quand on parle de l’officialisation d’une langue c’est une question d’option politique.

«Pas de la politique politicienne. Pourquoi je dis cela, vous allez vous étonner que de grands pays n’ont pas de langue officielle en tant que telle. Je prends l’exemple de la Grande Bretagne, l’Anglais n’est pas la langue officielle, il n’y a pas un document puisque eux, leur constitution n’est pas écrite.

Il n’y a pas un document dans lequel que c’est écrit que l’Anglais c’est la langue officielle. Certains aussi vont s’étonner qu’aux USA, au niveau fédéral qu’on ne dise pas que l’Anglais c’est la langue officielle», a-t-il dit.

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Pour le ministre, l’officialisation des langues nationales vise à donner un peu plus (de valeurs, nldr) à ces langues. «L’officialisation est définie comme étant une décision de l’autorité compétente qui rend une langue comme un instrument de communication dans les secteurs de l’éducation, de la justice, de l’administration. Donc dans l’officialisation, il y a déjà langue de travail. Si on officialise une langue aujourd’hui, elle devient une langue de travail », a-t-il tranché.

Et de préciser qu’une «langue peut-être une langue de travail sans être une langue officielle. Et on n’a pas besoin d’écrire dans un texte que telle langue est une langue de travail pour qu’elle soit une langue de travail». Selon Edasso Rodrigue Bayala, l’officialisation des langues nationales est une question de primauté que le gouvernement a donnée à ces langues nationales.

D’autres innovations contenues dans ce projet de loi portant révision de la constitution sont entre autres l’insertion de l’anglais comme langue de travail, la mise en place d’un conseil des communautés qui sera une fusion du CES (Conseil économique et social) et du Médiateur du Faso, le Conseil supérieur de la magistrature réunira les magistrats et les non magistrats et l’érection de l’Agence nationale des renseignements (ANR) en Conseil de sécurité d’État.

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