Lutte contre la drogue au Burkina Faso : 3,9 milliards de F CFA de substances illicites partis en fumée

Le Comité National de Lutte contre la Drogue (CNLD) a procédé, ce mardi 6 janvier 2026 à Zagtouli, à la destruction par incinération de près de 40 tonnes de substances illicites. Cette opération, d’une valeur marchande de 3,9 milliards de F CFA, marque une étape clé dans la nouvelle stratégie nationale de sécurité.
C’est sur le site industriel de la société Nowata, à la sortie ouest de Ouagadougou, que les flammes ont définitivement réduit en cendres 39 137,98 kg de drogues. Cette saisie massive est principalement composée de médicaments de rue (plus de 36 tonnes) et de cannabis (environ 2,2 tonnes).

Pour les autorités présentes, cette cérémonie représente la volonté de l’État de briser le cycle du trafic. L’Inspecteur général de police Emmanuel Kaboré, Secrétaire permanent du CNLD, a rappelé les objectifs de cette action.

« À travers cette opération, nous poursuivons plusieurs objectifs majeurs : éliminer définitivement le risque de réintroduction des drogues dans les circuits illicites et réaffirmer avec force la détermination de l’État burkinabè à lutter sans relâche contre ces fléaux», a-t-il dit.

Cette opération est aussi le fruit d’une collaboration entre différents corps de contrôle. Une mention spéciale a été faite aux services des Douanes, responsables de la saisie de 38 tonnes sur le total incinéré. Contrairement aux incinérations de plein air pratiquées autrefois, l’opération de cette année s’est déroulée dans des installations industrielles sécurisées afin d’éviter les émanations toxiques pour les populations riveraines.

« On a vu que brûler à l’air libre ne respecte pas les normes environnementales. La fumée causait des désagréments. Pour respecter l’environnement, il faut dorénavant détruire ces drogues en utilisant des installations appropriées » , a préxisé l’Inspecteur Kaboré.

Au-delà de l’aspect sécuritaire, la lutte contre la drogue est un enjeu de santé publique, particulièrement pour la jeunesse. Inspecteur de police Sebgo Marie Dénise, conseillère technique du ministre de la Sécurité, a souligné l’impact social de ces produits.« La drogue constitue un fléau multidimensionnel, un facteur de déstabilisation sociale et un danger majeur pour la santé publique. Elle fragilise les familles et compromet l’avenir de la jeunesse », a-t-elle souligné.

Malgré l’importance des quantités détruites ce jour, les autorités notent une baisse globale des saisies sur le territoire national, passant de 319 tonnes en 2023 à 133 tonnes en 2024. Ce recul s’expliquerait par un meilleur maillage des frontières et une vigilance accrue sur les routes du Sud et de l’Est.

Cette journée marque également le lancement de la mise en œuvre de la stratégie nationale de lutte contre la drogue adoptée en septembre dernier, dont 2026 constitue la première année charnière.
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Akim KY
Burkina 24




