Ghana dit non aux États-Unis : Accra rejette un accord sanitaire de 109 millions de dollars sur les données personnelles
Le Ghana a mis un terme aux négociations autour d’un accord bilatéral de santé avec les États-Unis, en raison de divergences majeures sur l’accès aux données personnelles de ses citoyens, selon des informations relayées par Africanews.
Ce refus représente un revers diplomatique pour l’administration de Donald Trump, engagée dans une redéfinition de sa politique d’aide internationale.
D’après les mêmes sources, les autorités ghanéennes, sous la conduite du président John Dramani Mahama, ont rejeté certaines clauses américaines jugées inacceptables. Celles-ci prévoyaient notamment un accès à des données sanitaires sensibles.
Ouvertes en novembre 2025, les discussions portaient sur un financement estimé à 109 millions de dollars sur cinq ans. Les fonds devaient soutenir plusieurs programmes de santé publique, notamment la lutte contre le VIH/sida, le paludisme et la tuberculose.
Face à l’échéance fixée au 24 avril 2026, Washington aurait accentué la pression pour finaliser l’accord. Le Ghana a finalement signifié son refus aux autorités américaines.
Ce différend s’inscrit dans un climat plus large de tensions entre les États-Unis et plusieurs pays africains sur les questions de souveraineté numérique et de protection des données. Des accords similaires ont déjà été suspendus ou contestés au Zimbabwe et au Kenya, où la justice a bloqué un partenariat comparable.
Le projet faisait partie de la nouvelle stratégie américaine baptisée « America First Global Health Strategy », visant à réduire la dépendance des pays partenaires à l’aide extérieure classique. Cette orientation s’accompagne d’une restructuration de l’USAID et de la signature annoncée de plusieurs accords sanitaires à travers le monde.
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Washington assure vouloir encourager l’autonomie sanitaire des États bénéficiaires, tout en conditionnant les financements à des engagements locaux renforcés.
Le Ghana, qui avait reçu environ 219 millions de dollars d’aide américaine en 2024, dont une large part consacrée à la santé, semble ainsi prendre ses distances avec cette nouvelle approche.
Le Département d’État américain n’a pas souhaité commenter les détails des discussions, tout en affirmant vouloir maintenir des relations solides avec Accra. Aucune réaction officielle du gouvernement ghanéen n’avait été enregistrée au moment de la publication.




