Mali : D’où viendra la clé de l’imbroglio ?

Pendant que les rebelles et les terroristes poussent des racines au Nord Mali, les frères d’armes maliens s’entre-dévorent au Sud au  nez d’autorités civiles qui tentent tant bien que mal de calfeutrer leur impuissance, avec au milieu, une population malienne qui ne sait plus à quel saint se vouer et un médiateur qui a du mal se faire accepter par tous. Le mini-sommet de  la CEDEAO à Dakar aura-t-il la clé de cet imbroglio ?

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La visite de la délégation de l’ex-junte au médiateur aura-t-elle réussi à aplanir les divergences de points de vue entre la CEDEAO et le CNRDRE ? Peut-être. Peut-être pas. Ce qui est certainement important, c’est qu’au moins, le courant n’est pas rompu et que l’ex-junte ne s’est pas recroquevillée dans sa coquille.

Les conclusions du mini-sommet de la CEDEAO décideront peut-être de comment la résolution de la crise au sud du Mali se fera. Il demeure cependant que l’ex-junte prend dernièrement des positions qui sèment la confusion. Les réactions du Capitaine Amadou Sanogo ont donné l’impression que le CNRDRE est toujours intéressé par les rênes du pouvoir. Est-ce un souci égoïste de conserver le pouvoir ou l’ex-junte a-t-elle flairé une entourloupette qui est en cours de gestation contre le Mali ?  Est-ce cela qui explique la guerre fratricide qui fait rage actuellement dans l’armée malienne ?

Dans tous les cas, cette façon de se comporter rappelle un certain Dadis Camara qui, à l’époque, avait justifié le fait qu’il veuille rester au pouvoir par des velléités de caporalisation de la Guinée-Conakry.  Est-ce les mêmes raisons ?

Si ce ne sont pas les mêmes raisons, en tout cas, le même scénario semble se dessiner. L’ex-junte joue actuellement à l’empêcheur de tourner en rond de la CEDEAO. Et des voix susurrent que le capitaine Sanogo devrait faire attention à ses arrières.

Mais tout ceci n’est qu’hypothèses qui attendent d’être vérifiées. Le mini-sommet de la CEDEAO pourrait prendre des décisions qui satisfassent tout le monde et à Bamako, l’ex-junte pourrait revoir sa copie et alors, Cheick Modibo Diarra et son équipe pourront alors retrouver un semblant d’autorité et conduire le Mali selon des règles civiles.

Toutefois, avant de songer à une intervention, qu’elle soit négociée ou pas, au Nord du Mali, des préalables doivent être réunies. L’ex-junte devra cesser d’agir de façon spontanée et au mépris des autorités de la transition. Ce sont elles qui doivent désormais présider à la destinée du Mali et prendre toute mesure ou action tendant vers la sauvegarde et la réunification du pays. Tant que le CNRDRE donnera l’impression que c’est lui qui continue de tenir le gouvernail au Mali, on volera de naufrage en naufrage. Ou c’est le gouvernement de transition qui gouverne ou c’est le CNRDRE.

Ensuite, la bombe latente entre frères d’armes maliens devrait d’abord être désamorcée. L’armée malienne, si armée il y a toujours, ne peut pas continuer à se déchirer elle-même ses intestins et espérer pouvoir digérer le lourd plat de résistance de la rébellion touarègue.

Mais avec des « si », il y a déjà longtemps qu’on a remis le Mali sur les rails de la démocratie et de la réunification. Il suffirait cependant que les hommes donnent un sens au « si » et tout apparaît alors possible.

Hervé Ouédraogo

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Justin Yarga

Journaliste web qui teste des outils de Webjournalisme et datajournalisme, Media strategy consultant.

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