Cauri d’or ou l’assurance pour les pauvres

Le Fonds pour l’innovation en micro-assurance subventionne Cauri d’or (Ph: Burkina24)

L’Union des assurances du Burkina (UAB) a bénéficié en 2008 de l’appui financier du Fonds pour l’innovation  en micro-assurance du Bureau international du travail (BIT) pour soutenir son produit, Cauri d’or, lancé depuis 2003. Une conférence de presse a été organisée ce mardi 4 septembre 2012 pour informer davantage sur ce produit.

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« Cauri d’or n’est pas une pratique, mais un contrat d’assurance », explique Soumaïla Sorgho, Directeur général d’UAB-VIE aux journalistes présents au point de presse. Un contrat d’assurance-vie (épargne et décès) qui s’adresse aux Burkinabè qui ne peuvent pas avoir accès aux systèmes financiers classiques. Il s’agit des acteurs du secteur informel, des paysans, des étudiants, etc. Cela, on le sait plus ou moins déjà.

Soumaïla Sorgho, DG de l’UAB-VIE : « Cauri d’or n’est pas une pratique, mais un contrat d’assurance » (Ph : Burkina24)

Le Fonds pour l’innovation en micro-assurance

Mais ce qu’on ignore peut-être plus, c’est que ce produit, lancé en 2003, bénéficie du soutien depuis 2008 du Fonds pour l’innovation en micro-assurance, abrité par le BIT et financé par la Fondation Bill et Melinda Gates. Ce fonds permet de soutenir les projets de micro-assurance. Soumaïla Sorgho explique qu’ayant appris l’existence de ce fonds, l’UAB  y a souscrit. Sur 120 projets présentés, trois ont été retenus en Afrique dont, Cauri d’or, qui a été le seul bénéficiaire du premier round des financements du Fonds en Afrique de l’ouest.

Mais en quoi Cauri d’or est innovant ? Caroline Phily, chargée de mission pour le Fonds, répond que ce produit a séduit par sa proximité aux populations (qui n’ont pas besoin de se déplacer pour souscrire), l’implication de la technologie (notamment le téléphone) et le fait qu’il s’intéresse à une clientèle aux bas revenus. L’UAB-VIE a eu une subvention totale de 180 000 dollars US dont 110 000 sont débloqués à  ce jour.

Cauri d’or égale 53% de chiffre d’affaires

Soumaïla Sorgho assure que le produit a du succès. « Il représente 53%  de notre chiffre d’affaires (…)  et nous avons réalisé 5, 3 milliards de F CFA de chiffre d’affaires en 2011 ». Caroline Phily estime que c’est dû à la confiance placée dans ce produit et le DG de l’UAB-VIE renchérit qu’il répond à un besoin. « Vouloir faire une activité en excluant 10 millions de personnes (secteur informel, paysans, étudiants, etc., ndlr), c’est aller à l’aventure ». « Ces personnes ont aussi besoin de préparer leur retraite », ajoute-t-il.

Caroline Phily, chargée de mission du Fonds : « UAB-VIE a été la seule bénéficiaire du premier round des financements sur 120 projets présentés » (Ph : Burkina24)

Les collecteuses de tontine ? Des « faussaires » !

A la question de savoir si UAB-VIE n’a pas le sentiment de priver les collecteuses de tontine de leur gagne-pain, Soumaïla Sorgho assure que non. « Entre sécuriser les populations et les laisser aux mains de faussaires, dans quel camp faut-il se situer ?», interroge-t-il avant de déclarer que « je ne pense pas faire du tort à qui que ce soit ». Il en profite pour interpeller les autorités sur le fait que la pratique traditionnelle de la tontine peut être source de « tensions sociales ».

En attendant, le DG informe qu’UAB-VIE intègrera bientôt de nouvelles technologies à Cauri d’or et que cette micro-assurance pourrait être étendue à l’assurance incendie, maladie, etc.

Selon Soumaïla Sorgho, les paysans ont aussi besoin de préparer leur retraite (Ph : centerblog.net)

Pour rappel, Cauri d’or est un contrat d’assurance dédié au secteur informel, aux paysans, aux étudiants et qui permet de souscrire à une prime minimale de 150 F CFA par jour. Cette prime est collectée par des femmes grâce à des téléphones liés à un serveur.

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Abdou ZOURE

Abdou Zouré, journaliste à Burkina24 de 2011 à 2021. Rédacteur en chef de Burkina24 de 2014 à 2021.

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4 commentaires

  1. effectivement Kenore! c’est un produit fiable qui a un bon impact social a travers les emplois qu’il g?n?re.

  2. Les responsables dudit minist?re ont entrepris, depuis quelques mois, de rencontrer plusieurs acteurs, afin d?harmoniser les points de vue et d??laborer une nouvelle feuille de route pour l?acc?l?ration du processus de mise en place du syst?me national d?assurance maladie universelle au Burkina Faso. A terme, les diff?rentes consultations devraient d?boucher sur l?op?rationnalisation du projet « acc?s ?quitable de tous les Burkinab? ? des soins de sant? de qualit? ». Faisant le constat ? qu?au Burkina Faso comme dans plusieurs pays du monde, notamment ceux de l?Afrique de l?Ouest, le paiement direct des soins de sant? par les populations elles-m?mes, constitue un obstacle majeur ? leur accessibilit? aux structures sanitaires ?, les Autorit?s se sont engag?es ? mettre en ?uvre l?assurance maladie universelle afin de pallier l?insuffisance des m?canismes de protection sociale des couches sociales. Selon le ministre Soungalo Appolinaire Ouattara, ? le syst?me national d?assurance maladie fond?e sur la valeur de solidarit? nationale appara?t aujourd?hui comme un gage de stabilit? sociale et de croissance ?conomique ?. En vue de permettre ? tous les Burkinab? d?acc?der aux soins de sant?, cette assurance-maladie concernera les acteurs du secteur formel, du secteur informel et les indigents, un paquet de soins financi?rement abordable, sous deux r?gimes, contributif et non contributif.

  3. Bel article; les chiffres d?montre que si ce produit n’existait pas, il fallait le cr?er. Je suis content que l’UAB est eu la premi?re cette id?e.

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