Lettre ouverte aux magistrats du Boulkiemdé : « Chers nobles hommes, rendez justice à l’école de Nandiala »

Ceci est une lettre ouverte d’un citoyen du Boulkiemdé aux magistrats de la province sur un fait survenu dans une école. 

Messieurs les magistrats,

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C’est avec beaucoup de tristesse que j’ai pris mon clavier pour rédiger cette missive, en espérant que vous allez consacrer cinq minutes de votre précieux temps pour la lire.

Voici l’objet de ma profonde désolation,

Le 15 octobre 2015, un forestier, soupçonnant un enseignant d’être l’amant de sa femme, tous deux enseignants de Nandiala, s’introduit brusquement dans sa salle de classe, pendant qu’il était en pleine séance d’appui à sa collègue, asperge de gaz lacrymogène la classe, ce qui obligea les élèves à quitter la salle, puis roua son prétendu amant de coups.

Après cela, le forestier se rendit aux services déconcentrés du ministère de l’éducation nationale et à la mairie de Nandiala où il prévint les responsables que la prochaine fois, c’est le corps de l’enseignant qu’il va leur amener si on le laisse dans la même école que sa femme.

Messieurs les magistrats, ce n’est pas cette histoire qui m’est choquante. En effet, après cette horrible agression, l’inspectrice de la CEB a déposé plainte contre le forestier pour violation de franchises scolaires. Messieurs les magistrats, vous avez dit que le dossier est vide.

C’est cette dernière décision qui me donne froid au dos, qui me ronge le cœur. J’ignore totalement le droit. Je n’ai jamais lu sérieusement le code pénal, le code de…, mais cette décision est absolument incompréhensible. Je n’ai pas vocation de défendre l’enseignant. Je pense d’ailleurs que si le forestier est allé à une telle extrémité, c’est qu’il a des preuves que l’enseignant est vraiment l’amant de sa femme.

En passant, j’affirme que je suis musulman, celui-là même qui croit que si quelqu’un commet l’adultère et que l’on parvient à réunir toutes les preuves contre lui, il doit être lapidé ainsi que la femme avec qui l’adultère a été commis si elle a consenti à cela. Je crois parfaitement que c’est cette façon qui est meilleure.

C’est pourquoi, je suis parfaitement d’accord avec le forestier pour une telle façon de régler le problème, surtout que, me semble-t-il, il n’y a pas de loi qui permette de sanctionner Monsieur… – s’il est coupable – à la hauteur de son forfait. Mon problème, c’est le lieu choisi par la victime.

Quel respect pour le corps enseignant ? Quel respect pour nos enfants ? Et leur traumatisme ? Le magistrat qui a traité cette affaire aura la même décision s’il avait son propre enfant dans la salle ? Quel respect pour le village ? Les parents d’élèves ? D’ailleurs ces derniers devraient également porter plainte.

Imaginez un magistrat présumé amant de la femme de quelqu’un (ça peut arriver) en pleine séance de jugement, dans sa robe de sage. Subitement, le mari de la femme s’introduit dans la salle d’audience et roue le magistrat de coups.

Je suis sûr que le lecteur est en train de sourire d’un sourire moqueur. On me dira qu’il y a des agents GSP qui sécurisent l’audience. Mais supposons que les GSP arrivent à maîtriser le monsieur avant qu’il ne s’en prenne au magistrat.

Malgré cela, ne regrettera-t-il pas durant le reste de sa vie d’avoir voulu attenter à la vie d’un magistrat ? La preuve en est qu’actuellement, les pauvres démarcheurs sont en train de méditer, se posant la question de savoir dans quelle sauce ils seront mangés après leur séquestration d’un honnête magistrat. Là encore c’est une autre affaire floue.

Le magistrat fait enquête pour arrêter un démarcheur fautif, mais ne va pas jusqu’au bout pour déceler ses collègues complices. Ces complices ne devraient-ils pas être en tôle en compagnie du démarcheur ? Non, pas du tout, le magistrat est un super homme, pas un ‘margouillat’.

Vous vous souviendrez aussi de l’incarcération injuste du journaliste il y a deux ans maintenant. Il a fallu la cour africaine des droits de l’homme pour démontrer cette horrible injustice infligée au pauvre journaliste et lui permettre de rentrer dans ses droits.

Revenons à l’objet de cette lettre. Je voudrais vous demander, chers nobles hommes, de revoir le dossier Ecole de Nandiala pour le traiter afin de soulager la souffrance de tous ceux qui ont entendu parler de cette affaire.

 (…) Il y a une école qui a été attaquée pendant que nos enfants prenaient cours et celui qui a attaqué doit être sanctionné. Respectez un peu les autres corps et le peuple  tout entier. Ce que beaucoup oublient, est que toute mauvaise décision de justice comme celle-ci frustre considérablement tout citoyen honnête. Alors rendez justice à l’école.

Lorsque le forestier paiera (prison ferme de plusieurs mois +  forte amende), il faut que justice lui soit également rendu. Si (l’enseignant) est reconnu coupable d’avoir eu commerce avec la femme du forestier, il doit payer (prison ferme de plusieurs années + amende intenable qu’il va passer sa vie sans  pouvoir finir de payer).

Pour finir, je tiens à féliciter les honnêtes magistrats qui jours et nuits, déploient des efforts considérables pour rendre justice. J’avoue que le travail du magistrat est aussi difficile que celui d’un ingénieur.

Ce n’est pas du tout facile de procéder à réunir les preuves, à recouper les éléments, de résister aux interventions des amis, des promotionnaires etc. dans le but de trouver la décision la plus juste. Que Dieu bénisse donc les magistrats honnêtes. Qu’ils soient récompensés dans ce monde comme dans l’au-delà.

Je vous prie messieurs les magistrats de Boulkiemdé, de donner suite à mon cri de cœur.

Un lecteur

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