Burkina Faso : Pour l’affirmation de la souveraineté africaine, des panafricanistes en conclave

Le mouvement panafricain, Deux Heures Pour Nous Deux Heures Pour Kamita et la diaspora africaine, martiniquaise, guadeloupéenne et haïtienne ont organisé une conférence publique au profit de la jeunesse burkinabè, plus particulièrement la jeunesse universitaire. Elle a eu lieu au sein de l’université Joseph Ki-Zerbo, à Ouagadougou, le samedi 9 mai 2026.

La diaspora africaine, martiniquaise, guadeloupéenne et haïtienne et le mouvement panafricain, Deux Heures Pour Nous Deux Heures Pour Kamita ont échangé avec la jeunesse universitaire de l’université Joseph Ki-Zerbo autour du thème central « Contribution du panafricanisme au rayonnement de l’AES ».

Popo Klah, écrivain et conférencier spécialiste du panafricanisme

Popo Klah, écrivain et conférencier spécialiste du panafricanisme, a présenté une communication sur l’importance de réintroduire le concept ancestral de « sanakuya » dans les échanges panafricanistes. Pour résoudre les problèmes actuels, selon lui, il est crucial de s’inspirer des solutions de nos ancêtres. Il a ainsi fait comprendre que le « sanakuya », alliance cathartique connue sous le nom de parenté à plaisanterie, a joué un rôle clé dans l’union des peuples depuis l’Égypte ancienne jusqu’à Haïti.

Popo Klah a également insisté sur l’importance de la conscience historique collective pour une réflexion géostratégique efficace. A ce propos, il a évoqué le projet « Seguisso », un collectif d’associations de la diaspora et du Burkina Faso, visant à reconnecter avec les traditions ancestrales.

« Le 15 mai, journée des coutumes au Burkina Faso, est une occasion pour célébrer ces traditions », a-t-il avancé, exprimant son soutien aux initiatives actuelles du Burkina Faso, du Niger et du Mali, qui réhabilitent les héros et la médecine ancestrale africaine. Il a aussi rendu un hommage aux efforts panafricanistes inspirés par des figures comme le Président Thomas Sankara.

L’autodéfense, une responsabilité collective et familiale

Pr Bayyinah Bello, en provenance d’Haïti, a entretenu sur le caractère important de la conscience historique et de la mémoire des luttes passées, notamment en Haïti, pour inspirer et guider les combats actuels.

Elle a laissé entendre que le colonisateur utilise l’oubli comme arme pour affaiblir les peuples. Toujours avec l’exemple de la révolution haïtienne, elle s’est attelée à montrer la manière dont la connaissance des succès et des échecs passés peut aider à identifier les menaces et à élaborer des stratégies efficaces.

Pr Bayyinah Bello, en provenance d’Haïti

Pr Bayyinah Bello a en outre mis l’accent sur la nécessité d’une lutte totale et collective, où chaque membre de la famille, y compris les femmes et les enfants, joue un rôle crucial. « Les femmes partaient en guerre avec leur nouveau-né, bébé attaché au dos. Et quand il fallait, les femmes étaient responsables, par exemple, de démobiliser les canons. Eh bien, les femmes n’hésitaient pas à prendre leur nouveau-né pour s’assurer que ce canon-là ne peut plus détruire les nôtres.

Donc c’est toute la famille qui luttait. L’enfant de 3 ans avait quelque chose à faire sur le champ de bataille. L’enfant de 8 ans, les petits de moins de 10 ans… Et c’est quand les enfants et les femmes avaient démobilisé suffisamment que nos maris et nos frères pouvaient maintenant arriver sur le champ de bataille et commencer la lutte avec ces gens-là », a-t-elle expliqué.

Elle a en somme appelé à une vigilance constante et à une réévaluation des stratégies pour s’adapter aux nouvelles formes de menaces, tout en réitérant que l’autodéfense est une responsabilité collective et familiale.

Un moment historique

Le Coordonnateur national du mouvement panafricain, Deux Heures Pour Nous Deux Heures Pour Kamita, Lianhoué Imhotep Bayala, a fait savoir que cette conférence publique a eu lieu grâce à la volonté de la diaspora africaine, martiniquaise, guadeloupéenne et haïtienne.

Laquelle diaspora, dit-il, est solidaire du combat actuel que mène la Confédération AES et très admirative du courage historique des chefs d’Etat des trois pays la constituant.

Lianhoué Imhotep Bayala, Coordonnateur national du mouvement panafricain, Deux Heures Pour Nous Deux Heures Pour Kamita

Pour lui, ce cadre d’échanges est un élan de solidarité qu’elle a voulu apporter. Et eux, en tant qu’organisation panafricaine, agissant déjà dans le domaine, ils ne pouvaient que mieux accompagner cette initiative. Il s’est alors agi, a expliqué Imhotep Bayala, de mettre en connexion directe avec la jeunesse burkinabè, la jeunesse universitaire de façon particulière avec ces différentes bibliothèques vivantes.

Il a été question, a-t-il aussi souligné, de fait comprendre à cette jeunesse que nous avons des hommes et des femmes au-delà des méditerranées, au-delà de l’atlantique, qui sont solidaires de notre combat et qui se battent en tant que mère en tant que père de tous les âges pour prouver que nous ne sommes pas seuls et que nous sommes sur la bonne voie.

« C’est quelque chose d’historique », a-t-il qualifié ce moment de partage de connaissances et d’expérience. M. Bayala, au regard de la diversité des participants et du contenu des échanges, a en outre affirmé sa grande satisfaction.

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« Ceux qui n’ont pas été présents dans la salle, je pleure. J’avoue que j’ai la chair de poule en voyant tout ce que nous sommes en train d’apprendre, de revisiter. C’est-à-dire, dans un moment crucial où l’Afrique rentre dans un environnement de doute où on crée nos propres certitudes, ils sont venus nous dire que nos certitudes ne sont pas fausses. C’est une satisfaction immense qu’on tire de tout cela et que tout cela se fait par la volonté de deux communautés militantes », a-t-il déclaré.

Tambi Serge Pacôme ZONGO

Burkina 24

Serge Pacome ZONGO

Tambi Serge Pacome ZONGO, journaliste s'intéressant aux questions politiques et de développement durable.

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